Chasse à courre : le député de Rouen, Damien Adam propose de remplacer les animaux par du "robot-gibier"

Chasser des robots à la place des cerfs ? Une proposition du député de Seine-Maritime Damien Adam qui fait réagir en plein débat sur le droit des animaux. 

Chasse à courre près d'Amboise
Chasse à courre près d'Amboise © Alain Jocard / AFP
C'est une proposition pour le moins étonnante qu'a fait le député LREM de Seine-Maritime, Damien Adam. Dans un amendement qu'il co-signe, l'élu propose de remplacer les animaux par des robots lors des chasses à courre. "Le sujet du bien-être animal pose question", explique l'édile.

Damien Adam profite d'une proposition de loi concernant la souffrance animale pour faire avancer, ce qu'il qualifie lui-même, d'idée disruptive. "Je vois bien, dans les réactions, que je passe pour le prototype du startupeur macroniste" reconnait Damien Adam. L'objectif est de répondre aux inquiétudes des militants mais également des nombreux français qui sollicitent un référendum d'initiative partagée sur le droit des animaux. "Je souhaite, avec cette proposition, que chacun puisse s'y retrouver, souligne le député rouennais. Il ne s'agit de mettre à mal l'environnement économique qui entoure la chasse."

Son amendement a été co-signé par trois autres députés du groupe LREM et n'a pas manqué de faire réagir, à commencer par l'opposition de droite à sur les bancs du Palais Bourbon.

"On marche sur la tête"

Le Président de la fédération de chasse de Seine-Maritime n'a pas tardé, lui non plus, à réagir à l'idée de Damien Adam : "Quand je pense qu'on envoie des députés à l'Assemblée Nationale pour dire des conneries (sic) pareilles", proteste Alain Durand. Il critique la déconnexion des élus et les fantasmes que peut provoquer la chasse. "Il n'a certainement jamais participé à une chasse à courre", raille M. Durand.

Le président de la fédération seino-marine ose une autre comparaison moins 'poétique' et fait part de son agacement :
"Et pourquoi pas remplacer les prostituées par des poupées gonflables tant qu'on y est ?! (sic)".

Un amendement jugé irrecevable

"Le développement de cette innovation permettrait, au lieu de chasser un vrai animal, de chasser un robot qui reproduirait et la forme et le comportement de l’animal chassé", argumentait Damien Adam dans son amendement qui devait être défendu ce jeudi 8 octobre 2020.

Finalement, l'Assemblée Nationale a jugé l'amendement irrecevable car il ne respecterait pas l'article 40 de la Constitution. En attendant, le député avance que le sujet du bien-être animal doit rester sur la table et doit continuer à être débattu. 
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