Croix rouges et silhouettes noires à Rouen, l’événementiel appelle à l'aide

Chefs d’entreprises, extras, intermittents ou salariés des métiers de l'événementiel, plus de 500 professionnels se sont réunis jeudi 22 octobre, devant la préfecture de Rouen. Sans emploi depuis le début de la crise du Covid-19, ils tirent la sonnette d'alarme.

Plus de 500 personnes se sont rassemblées, jeudi 22 octobre, devant la préfecture de Rouen pour alerter sur leur métier en danger.
Plus de 500 personnes se sont rassemblées, jeudi 22 octobre, devant la préfecture de Rouen pour alerter sur leur métier en danger. © Élise Laperdrix/ France 3 Normandie.
Des croix rouges, des silhouettes noires et ces écriteaux : "j'étais photographe", "j'étais organisatrice de mariage", "j'étais animatrice"... La scène qui se tient devant la préfecture de Rouen, jeudi 22 octobre, interpelle.

Après Caen ou Lille, le rassemblement de ce début d'après-midi alerte sur la situation des professionnels de l'événementiel, en grande souffrance depuis le début de l'épidémie de Coronavirus.

Huit mois de chômage

Nombreux sont ceux qui n'ont pas retravaillé depuis le mois de mars et qui entament péniblement leur huitième mois de chômage. Le regain des contaminations au Covid-19 en ce début d'automne a amené le gouvernement à instaurer un couvre-feu dans les grandes villes et à poursuivre l'interdiction de rassemblement. Des décisions qui pénalisent tout particulièrement le secteur de l'événementiel.

Cette nouvelle dégradation [de la croissance] au dernier trimestre est liée aux trois secteurs déjà les plus touchés - l'hôtellerie-restauration, les services de transports et les services aux ménages, qui englobent notamment les activités de loisirs - et qui vont replonger."

Mathieu Plane, département analyse et prévision de l’OFCE.

A Rouen, les professionnels de l'événementiel se mobilisent



 

Le fond de solidarité mensuel et l'exonération de côtisations pour les entreprises de moins de 250 salariés sont jugés insuffisants. La profession s'estime la grande perdante de cette crise sanitaire. Elle compte lancer prochainement un "facturethon" : chaque entreprise va envoyer la facture de la perte du chiffre d'affaires au ministère de l'Economie, une fois déduction des aides de l'Etat. Le mouvement sera national.
 
Certains manifestants de Rouen disent être au chômage depuis plus de huit mois.
Certains manifestants de Rouen disent être au chômage depuis plus de huit mois. © Elise Laperdrix/France3 Normandie

Sophie Luc, gérante de GSA, prestataire événementiel à Saint-Martin-de-l'If, ne cache pas son angoisse :

On ne sait pas quand on pourra redémarrer. On peut encore puiser dans notre trésorerie, on a de la chance. D'autres entament leur prêt garanti par l'État qu'il faudra rembourser alors qu'ils n'ont pas encore repris leur activité. C'est une vraie catastrophe ! Il faut qu'on ait plus d'aides et un allégement de nos charges sociales."

Sophie Luc, gérante de GSA

Prêts participatifs

Dans ce contexte, Bercy a présenté les linéaments de nouveaux outils pour muscler son soutien aux entreprises, avec notamment le lancement prochainement de "prêts
participatifs" soutenus par l'État.
    
À mi-chemin entre le prêt à long terme et la prise de participation au capital d'une entreprise, ils sont mieux rémunérés qu'un prêt classique, mais plus risqués pour le prêteur. "Nous avons fixé désormais comme ambition 20 milliards d'euros d'encours de prêts participatifs pour la reconstitution des fonds propres des entreprises", a annoncé Bruno Le Maire à l'AFP, le 19 octobre.

Chômage partiel, prêts garantis par l'Etat, décalages de charges...: sur les neuf premiers mois de l'année, il n'y a eu en France que 19.220 ouvertures de procédures collectives (sauvegarde, redressement et liquidation), contre 32.714 durant la même période, en 2019, selon le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce. Mais ces tribunaux anticipent déjà un tsunami en 2021.
 
 
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