"J'ai plus de souvenirs que si j'avais 1000 ans" : Noor, 18 ans, réfugié d'Afghanistan, apprenti et joueur de cricket

A 13 ans, Noor a dû quitter sa famille en Afghanistan, seul, pour un voyage de 9000 kilomètres vers l'inconnu. Il est aujourd'hui apprenti près de Rouen, la commune de Notre-Dame-de-Bondeville est devenue une seconde famille.

Depuis plusieurs jours, Noor R. est taraudé par l'inquiétude. Il voudrait pouvoir joindre sa mère qui vit dans la région de Kaboul. Il ne l'a pas revue depuis son départ en 2016. 

C'est pour elle qu'il surmonte toutes les épreuves de l'exil. "Je suis l'ainé de ma famille, mon père est décédé, ma maman c'est comme Dieu pour moi".

Le père de Noor était professeur d'anglais. Il lui avait transmis l'amour de cette langue.  "Devant les talibans, je crois que l'anglais c'est interdit". Un soir, des hommes ont frappé à la porte, ils cherchaient l'enfant de 13 ans.

Sa famille a pris la dure décision de lui faire quitter l'Afghanistan.

A Notre-dame-de-Bondeville, Noor, 18 ans, réfugié d'Afghanistan devenu lycéen et apprenti

L'élan vital d'un adolescent

Le jeune Afghan a miraculeusement survécu sur la route des migrants. Pakistan, Turquie, Bulgarie, Hongrie, Autriche, Italie. Il a fini par arriver à Nice puis a partagé la misère du campement de la porte de la Chapelle à Paris. 

Noor n'a pas assez de mots pour remercier les bénévoles et médecins de la Croix-Rouge.  

Sur la décision d'un juge, il est arrivé à Rouen, avec le statut de mineur protégé. Noor est allé au lycée à Barentin, puis on lui a proposé de devenir apprenti. Il a choisi de préparer un CAP de cuisinier. Sa facilité pour apprendre les langues est son autre atout. 

La ville de Notre-Dame-de-Bondeville l'a accueilli en lien avec la préfecture et l'association Coallia, fondée par Stéphane Hessel.

"C'est un dur passé. Il a besoin d'être entouré, il s'adapte il veut être bénévole, il veut aider. Quand on entend sa vie, quand il dit ce qu'il a vécu, ses collègues se disent : c'est parfait ici, on ne peut pas se plaindre, devant lui on a pas le droit."

Noor construit sa nouvelle vie. Il s'émerveille encore : "Y'a pas de guerre, la France c'est un pays de paix".

Avec des amis, il a crée la première équipe de cricket, au stade Saint-Exupéry, sous la houlette du club de base-ball des Huskies.

Ce sport est très pratiqué en Aghanistan et au Pakistan. 

Le poids des responsabilités est lourd pour cet adolescent. Pas de répit. Le basculement de l'Afghanistan est violent.

A présent, Noor est concentré sur un objectif, protéger sa mère malgré la distance et mener les démarches pour qu'elle puisse le rejoindre en Normandie. 

 

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