La ville de Rouen ferme certaines piscines municipales cet été en raison d'une pénurie de maîtres-nageurs

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À quelques semaines du début de la saison estivale, la mairie de Rouen (Seine-Maritime) annonce que deux piscines municipales resteront fermées durant les mois de juillet et d'août. La ville n'est pas parvenue à recruter suffisamment de maître-nageur.

L'été approche et les Rouennais seront sans aucun doute nombreux à profiter des piscines municipales. Malheureusement durant cette période estivale, l'offre sur l'agglomération se trouvera fortement réduite.

En effet, la ville de Rouen vient de décider de ne pas ouvrir deux de ses infrastructures : la piscine Marvingt (anciennement piscine du Boulingrin) et la piscine Diderot n'accueilleront pas de public ni en juillet, ni en août.

Le maire de la ville et Président de la Métropole Rouen Normandie Nicolas Mayer-Rossignol justifie cette décision par un nombre insuffisant de maîtres-nageurs-sauveteurs pour la saison : "la Ville de Rouen est parvenue à recruter, pour la période estivale, 4 vacataires. Ce chiffre est toutefois insuffisant pour maintenir en toute sécurité pour les usagers toutes les piscines municipales", explique la Ville dans un communiqué.

Une pénurie nationale de maître-nageur

A Bihorel, près de Rouen, l'Union Départementale des Premiers Secours de Seine-Maritime propose des formations aux gestes de premiers secours ou encore des formations pour obtenir son BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique) afin de devenir surveillant de baignade hors mer. Des personnels qui pourront épauler les maîtres-nageurs sauveteurs, mais pas y suppléer. L'organisme travaille surtout avec des centres aquatiques privés ou des bases de plein air.
La ville de Rouen n'est donc pas la seule à subir ces difficultés de recrutement, car la pénurie de MNS est nationale. Une pénurie qui s'expliquerait par le coût de la formation, et des salaires peu attractifs. Une situation qui peut s'avérer dramatique quand on décompte les victimes de noyade chaque année. En 2021, près de 1500 noyades ont été recensées par Santé Publique France.

Un avantage pour Parcoursup

Ces dernières années, l'UDPS n'a pas constaté de baisse de demandes de formation mais plutôt un changement de profil des candidats, notamment depuis la réforme de Parcoursup "la plupart des candidats sont aujourd'hui des lycéens ou des jeunes en première année d'études et les lycéens sont clairement là pour augmenter leur chance sur Parcoursup, améliorer leur dossier, ils n'ont pas forcément envie de travailler derrière", explique l'un des salariés de l'organisme.

Environ la moitié des candidats ne travaillera pas après l'obtention de son brevet, alors que d'autres, qui ne l'envisageaient pas, finissent pas être maître-nageur juste pour la saison estivale.

Une formation exigeante

L'Union Départementale des Premiers Secours de Seine-Maritime forme chaque année 20 à 25 personnes au BNSSA (Brevet National de Sécurité et de Sauvetage Aquatique).

Julien, salarié de l'organisme affirme que le nombre d'inscrits a peut-être légèrement évolué ces dernières années : "c'est vrai que le niveau élevé de la formation fait que, ces temps-ci, la demande est un peu plus restreinte", constate t-il. Avant d'accéder à la formation, chaque candidat doit passer des tests très relevés, ce qui peut dissuader les candidats "elle s'adresse vraiment aux bons nageurs de base".

Autre source de "démotivation" : le coût. La formation au premier secours est nécessaire pour accéder au BNSSA. Il faut compter au total 800 euros pour les 70 heures de formation. Les élèves peuvent bénéficier d'aides financières de Pôle Emploi, de leur Compte Professionnel de Formation, des Missions Locales ou encore du département.

20.000€ d'économie pour la ville

La piscine du centre sportif Guy Boissière, située sur l'île Lacroix restera elle ouverte. De part sa taille, c'est la structure qui permet d'accueillir le plus grand nombre d'usagers.

20 000 € d'économie. C'est ce que va réaliser la ville de Rouen cet été en laissant fermées durant les mois de juillet et d'août, ces deux piscines municipales. Une somme "bien utile" en cette période de hausse du prix de l'énergie, précise le communiqué de la ville.