"Aujourd'hui, je peux témoigner que nous nous sommes relevés", Roseline Hamel, soeur du Père Jacques assassiné en 2016

En ce premier dimanche de Carême, l'émission de France 2 "Le Jour du Seigneur" a diffusé l'office célébré à Saint-Etienne-du-Rouvray. C'est dans cette église que le père Hamel a été tué le 26 juillet 2016 par un jeune stéphanais se revendiquant de l'Etat islamique.

L'Eglise Saint Etienne à Saint-Etienne-du-Rouvray où le père Jacques Hamel a été tué le 26 juillet 2016.
L'Eglise Saint Etienne à Saint-Etienne-du-Rouvray où le père Jacques Hamel a été tué le 26 juillet 2016. © MR

Ce dimanche 21 février, l'émission "Le Jour du Seigneur" a choisi de retransmettre en direct à 11h la messe, célébrée en ce premier dimanche de Carême, en l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray.

L'église était comble ce dimanche matin à Saint-Etienne-du-Rouvray
L'église était comble ce dimanche matin à Saint-Etienne-du-Rouvray © FTV / Emmanuelle Partouche

Un office auquel nombre des proches du Père Hamel ont assisté. Soeur Danielle, présente au moment de l'assassinat et qui a réussi à s'enfuir et à donner l'alerte. M et Mme Coponet qui assistaient eux aussi à la messe le 26 juillet 2016 lorsque les deux assaillants ont fait irruption.

Et sa soeur cadette Roseline. Depuis un peu plus de quatre ans, elle perpétue la mémoire de Jacques Hamel. 

"Ensemble nous étions meurtris, c’est un peu notre résurrection."

Ce dimanche matin, elle est revenu sur le chemin parcouru depuis ce tragique 26 juillet.

« Comme chaque fois qu’il y a une manifestation en mémoire du Père Jacques, c’est toujours une grande émotion qui revient. Et son image aussi. Devant cet autel à travers lesprêtres qui sont présents. Mais on tient le coup.

Après ces quatre 4 années, nous avons fait un grand chemin. Je parle de ma famille, des paroissiens et de tous ses amis qui l’ont connu pendant ses 60 années de sacerdoce.

Chacun de notre côté, avec notre foi et notre espoir en une plus grande fraternité et une plus grande humanité, nous avons la force de ne plus rester comme un cocon replié sur nous-mêmes Nous avons la force de lever la tête et de nous redresser et de faire de cette douleur qui nous a meurti une grande force pour témoigner de cette vie donnée.

Ce n’est pas sans douleur. Mais nous en faisons une force parce que nous ne voulons pas que cette vie donnée soit vaine. Les fruits que nous voulons faire ressortir, c’est cette fraternité entre les différentes confessions, les différents peuples et que l’on puisse se rencontrer.

Aujourd'hui, je peux témoigner que nous nous sommes relevés pour établir cette fraternité et cette rencontre pour nous connaître et nous enrichir de nos différences. Nous sommes sur un chemin de vivre autrement. Ensemble nous étions meurtris, c’est un peu notre résurrection."

Célébration du premier dimanche de Carême à Saint-Etienne-du-Rouvray

Saint-Etienne-du-Rouvray, ville symbole de la résilience

Cela fera 5 ans le 26 juillet prochain. Le meurtre du père Jacques Hamel, prêtre de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, assassiné par deux terroristes islamistes, avait ému la France entière à l'été 2016. 

L'assassinat d'un homme d'église par un enfant de la ville, Adel Kermiche. Une commune où pourtant depuis toujours se cotoient et vivent ensemble les différentes communautés, notamment catholique et musulmane.

Le 26 juillet 2016, François Hollande, alors Président de la République, s'était rendu sur les lieux de l'attentat. A Hubert Wulfranc, le maire de la ville, abasourdi par le choc, le chef de l'Etat a répété : "Il faut éviter les affrontements. Il faut faire en sorte que les gens ne se fassent pas vengeance".

Le 11 mars dernier, lors de la première journée nationale d'hommage aux victimes du terrorisme, c'est donc tout naturellement ici qu'Emmanuel Macron a tenu à se rendre. 

Perpétuer le vivre ensemble, qui a fait la force de cette commune de près de 30 000 habitants, située dans la périphérie de Rouen. Un défi visiblement réussi aujourd'hui.

 

 

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