Le maire de Petit-Couronne signe le permis de construire pour l'entrepôt d'Amazon

Joël Bigot souhaite l'implantation du géant du commerce en ligne. Il y a 1500 emplois à la clé. Le commissaire enquêteur avait tranché le 20 octobre, en donnant un avis favorable à l'issue de l'enquête publique. 

Inauguration du centre de logistique Amazon de Senlis.
Inauguration du centre de logistique Amazon de Senlis. © Daniel Fouray/ Maxppp
►19 novembre 2020

 Le maire socialiste de Petit-Couronne a tranché. Il a annoncé à nos confrères de France Bleu Normandie qu'il avait signé le permis de construire du futur site d'Amazon, gigantesque entrepôt à étages de 160 000 carrés. 

Joël Bigot explique que l'e-commerce fait partie de la vie d'aujourd'hui, comme le fut la Redoute, et que les clients sont libres de choisir leur façon d'acheter. 

Le préfet va désormais devoir prendre la décision finale (avant l'été) pour autoriser ou non la construction de cet entrepôt sur le site de l'ancienne raffinerie Pétroplus. 
 

►4 novembre 2020

Dans un arrêté publié le 4 novembre dernier par la préfecture de Seine-Maritime, le préfet indique que vu les conclusions du commissaire enquêteur et en accord avec le promoteur, il proroge de 6 mois à compter du 23 janvier 2021 le délai « pour statuer sur la demande d’autorisation environnementale déposée par la société Gazeley ».
 
►20 octobre 2020

 Le commissaire enquêteur, Philippe Breton, a rendu un avis favorable aux enquêtes publiques portant sur l’autorisation environnementale et le permis de construire de l'entrepôt à Petit-Couronne (Seine-Maritime), à 10 km de Rouen.

Je formule un avis favorable compte tenu de la cohérence d'ensemble de l'opération de dépollution et de requalification de la friche industrielle Pétroplus, [...] d'absence d'impacts significatifs sur les sols [...], de l'avis favorable de l'ARS [...], de l'intégration aux dispositifs de traitement des eaux de surface [...]"

Philippe Breton, commissaire enquêteur.

Amazon ? Chut...

Le projet porte sur la réhabilitation et la reconversion du site de 30 ha de la raffinerie Petroplus.

Il est question de l'implantation d'un entrepôt de plus de 160 000 m², capable de distribuer 330 000 colis par jour, ouvert 24 h/24. Même si la description ne semble pas laisser place aux doutes, Amazon n'assume toujours pas le fait d'être publiquement derrière le projet, lequel est donc porté par l'entreprise Gazeley.

Ce n'est pas la première fois qu'Amazon vise une installation en Normandie. Elle convoitait un terrain de 50 000 m² à Mondeville (Calvados), mais la maire de la commune s'y oppose afin de préserver l'emploi des commerces directs. 


Un avis qui a du poids ?

Le gouvernement définit le rôle du commissaire enquêteur comme : "celui qui a la responsabilité de conduire, de manière impartiale, l’enquête publique nécessaire à la réalisation de projets ou l’approbation de plans ou programmes".

Il a été choisi pour quatre ans par le tribunal administratif après l'étude de sa candidature, sur la base d’une liste départementale d’aptitudes. "Soumis à un devoir de réserve, le commissaire enquêteur est indépendant, impartial et compétent mais n’est pas un expert", précise le site du gouverment.

Il ne s'agit que d'un avis, "pour autant, le caractère défavorable des conclusions rendues par le commissaire enquêteur n’est pas dépourvu d’incidences sur un plan juridique", alerte le cabinet Green Law, précisant que le cas échant, il est alors nécessaire de réitérer une demande d'autorisation motivée.

L'avis favorable du commissaire enquêteur accélère donc le proccess, même si le préfet reste le décisionnaire final.
Plan de situation dans le cadre du permis de construire déposé par l'entreprise Gazeley.
Plan de situation dans le cadre du permis de construire déposé par l'entreprise Gazeley.

 

Terrain dangereux

Le SDIS 76 démontrait la dangerosité d'une installation sur le site de l'ex raffinerie dans un rapport actant que les sapeurs-pompiers seraient "confrontés à une incapacité opérationnelle de limiter la propagation d'un incendie".  Peu après, le 5 octobre dernier, la Métropole s'est également opposé à l'installation du géant du e-commerce.

Le 23 octobre, le groupe des Écologistes, solidaire et citoyen lui emboîte le pas et crie au "scandale" après l'avis favorable publié mardi.

L’impact climatique du flux de 2062 véhicules lourds journalier, permettant de faire transiter 330 000 colis quotidiennement, est éludé dans le rapport. Alors même que l’Accord de Rouen, que nous avons signé en 2019 avec toutes les communes de la Métropole, fixe un objectif de réduction par 4 des émissions de gaz à effet de serre sur notre territoire d’ici 2050,quant à l'impact environnemental d'une telle structure."

Le groupe des Écologistes, solidaire et citoyen

Plus de 600 emplois

La fermeture de la raffinerie en 2013 avait occasionné la perte de 450 emplois. Les défenseur du projet, Joël Bigot, maire de Petit-Couronne et Dominique Gambier, maire de Déville-lès-Rouen entre autres, avancent donc un argument de taille :  la création de 611 emplois en temps normal et 1800 en pic d’activité grâce à l'arrivée d'Amazon. 

Le géant américain, lui, se targue de son employabilité exemplaire : "En mars 2018, Amazon a été distingué à trois reprises parmi les employeurs les plus attractifs en France, dans le cadre d’enquêtes nationales de référence : les LinkedIn Top Companies 2018, Randstad Employer Brand Research 2018 et Universum Awards 2018." 

Employés robots

conditions de travail Amazon

Du travail oui, mais à quel prix ? Dans son livre En Amazonie, inflitré dans le meilleur des mondes, Jean-Baptiste Malet, journaliste infiltré comme employé de l'entreprise, n'hésite pas à parler de réinvention du Stakhanovisme.

Surmenage, management déplorable, douleurs physiques... les conditions de travail du géant américain font fréquemment l'objet de critiques. 

Le groupe des Écologistes, solidaire et citoyen dénonce : "Les impacts désastreux du développement non régulé du e-commerce, qui a détruit 600 000 emplois aux USA."

C'est maintenant au tour du préfet de Seine-Maritime de trancher, probablement lors du prochain Conseil départemental de l'environnement et des risques sanitaires et technologiques.

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