Projet de construction d'une antenne 5G près de Lubrizol : le combat de ces habitants de Petit-Quevilly

Publié le Mis à jour le
Écrit par Céline Brégand .

Des habitants de Petit-Quevilly (76), traumatisés par la catastrophe de Lubrizol il y a trois ans, se mobilisent pour faire annuler le projet de construction d'une antenne 5G de 30 mètres de haut dans leur quartier.

Une antenne 5G de 30 mètres de haut pour un gros opérateur doit voir le jour en 2023 à Petit-Quevilly, en Seine Maritime. Elle sera construite rue de Stalingrad, dans un espace vert rare dans ce secteur, tout près de l'usine Lubrizol et de la maison de Thouraya. Cette habitante vit dans ce quartier depuis 17 ans. Elle ne cache pas son inquiétude. 

"J'ai peur des conséquences sur notre santé. On n'a déjà pas fini avec Lubrizol qu'on nous rajoute l'antenne !" se désole-t-elle. En février 2021, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié un rapport dans lequel elle, "estime peu probable que le déploiement de la 5G entraine de nouveaux risques pour la santé, comparé aux générations de téléphonie précédentes". Ces conclusions sont tirées d'une consultation de six semaines pour laquelle l'Anses a recueilli plus de 200 contributions "d’associations, de citoyens et d’industriels".

Thouraya ressent beaucoup de colère. La nuit du 26 septembre 2019, sa famille a vécu la catastrophe de Lubrizol au plus près. Sa maison est située juste en face des entrepôts de l'usine dont une partie a pris feu. 

"Petit-Quevilly n'est pas une poubelle"

Aujourd'hui, elle se bat pour faire annuler la construction de l'antenne 5G. "On est encore choqués. Parfois on se réveille la nuit en ayant peur que ça explose. On n'est pas encore tranquille, même trois ans après. Et l'antenne 5G s'ajoute à notre problème. Petit-Quevilly n'est pas une poubelle", assène-t-elle. 

Thouraya a donc lancé une pétition, signée par 50 personnes. Les habitants ne s'attendaient pas à ce projet de construction d'une antenne relais car aucune collectivité ne les a consultés en amont. "La moindre des choses aurait été de demander l'avis de tous ceux qui sont autour", souligne Maria, une habitante du quartier.  

"Je vous prie de m’excuser de ne pas y avoir songé"

Contactée, la mairie n’a pas pu répondre à nos sollicitations. Mais elle s’est défendue par une lettre envoyée aux habitants le 19 septembre 2022. Elle stipule : 

"Une potentielle décision négative de la ville aurait immanquablement été attaquée et annulée comme l’ensemble de celles prises par les autres communes. Il ne me semble pas respectueux des habitants de prendre ce type de posture tout en sachant que la décision du conseil municipal ne produirait aucun effet (...) L’implantation, à l’angle des rues Jacques Prévert et Stalingrad, est par ailleurs éloignée des habitations et de tout équipement public. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas engagé de concertation ni d’information spécifique. J’ai bien compris que vous auriez souhaité que nous puissions en discuter en amont. J’en prends acte et vous prie de m’excuser de ne pas y avoir songé."

Lettre de Charlotte Goujon, la maire de Petit-Quevilly (76)

La construction de l’antenne va bientôt débuter. Pour Thouraya et ses voisins, le combat continue pour l’annulation de ce projet. 

Tous les jours, recevez l’actualité de votre région par newsletter.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail pour vous envoyer la newsletter de votre région. Vous pouvez vous désabonner à tout moment via le lien en bas de ces newsletters. Notre politique de confidentialité