"Rouen-Auschwitz, un aller sans retour", la mémoire des déportés perpétuée dans une exposition à l'hôtel de ville de Rouen

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Écrit par Quentin Bral

Dans les couloirs de l'hôtel de ville de Rouen, l'exposition "Rouen-Auschwitz, un aller sans retour" retrace l'histoire de l'occupation nazie en France et la déportation des juifs Rouennais. Des tableaux accessibles gratuitement jusqu'au 31 janvier.

Une voix résonne dans les couloirs de l’hôtel de ville de Rouen, c'est celle de Françoise Bottois, professeure d'histoire et écrivaine. "Commémorer, c'est rendre hommage à tous les juifs qui ont été persécutés et assassinés", déclare-t-elle, non sans émotion. C'est une ouverture sur le passé qui est proposée, 77 ans après la libération du camp d’Auschwitz-Birkenau. 38 affiches ornent les murs.  

Elles retracent l'histoire de ces déportés Rouennais, parfois simples voisins, souvent simples familles françaises. Scellée par une poignée de main du Maréchal Pétain.  

Le 24 octobre 1940, il rencontre Hitler et l'assure de sa collaboration. A l'époque, personne ne se doutait de ce qui allait se passer, peut-être un peu à Paris mais les juifs de Rouen n'avaient aucune idée de ce qui les attendait.

Françoise Bottois, professeure d'histoire

La déportation des juifs rouennais

Selon un recensement de la Mairie en 1940, 365 Rouennais de tous âges, sont concernés par la déportation et seront envoyés dans un premier temps dans le camp de Drancy en France, avant de rejoindre Auschwitz ou Bergen-Belsen.

La souffrance crie à travers les photos. Mais elle avait été réduite au silence dans de simples registres de noms écrits dans ce même hôtel de ville, 80 ans auparavant. Des notes mises à disposition des policiers de l'époque et du régime nazi.

Ils connaissent la profession de chaque personne et leur adresse. S'ils n'y habitaient plus, ils demandaient au voisin qui ne se rendaient pas forcément compte de la situation. Et c'est ainsi qu'ils pouvaient les arrêter quand bon leur semblait.

Françoise Bottois, professeure d'histoire

Avant d'ajouter, " c'est effrayant de voir à quel point tout était calculé, que l'intelligence soit mise au service de la cruauté ". Et si toutes ces précisions sont accessibles gratuitement par le grand public aujourd'hui, c'est grâce au travail d'archives mais surtout au témoignage d'une personne : Denise Holstein. 

Une exposition personnelle 

Cette exposition a été réalisée par Françoise Bottois, professeure d’histoire et Denise Holstein, Rouennaise déportée et survivante de la Shoah. Un travail de mémoire indispensable. 

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Après être passée par les camps de Drancy, Auschwitz-Birkenau et Bergen-Belsen, Denise Holstein a survécu et est rentrée sans ses parents, assassinés.
Crédits : Archives - Exposition

Ce qui leur importe aujourd’hui, le souvenir.  

C'est bien de faire de l'Histoire, mais il faut accompagner. Ce que l'on fait suscite des questions. Alors à notre échelle, nous contribuons à une sorte d'éducation citoyenne et celle-ci est destinée à tous les publics.

Françoise Bottois, professeure d'histoire

Et pour entretenir cette mémoire, l’exposition « Rouen-Auschwitz, un aller sans retour », est accessible au rez-de-chaussée de l’hôtel de ville de Rouen jusqu’au 31 janvier.