A Rouen, des pics à la place des filets où les pigeons agonisaient de faim ou d'épuisement sous le pont Boieldieu

Le Parti Animaliste avait lancé une pétition contre des filets anti-pigeons installés sous le pont Boieldieu à Rouen. Pris au piège, des pigeons y agonisaient de faim ou d'épuisement. La pétition a obtenu plus de 46 000 sigantures. La Métropole Rouen Normandie a retiré les filets.

Pris au piège, les pigeons agonisent de faim ou par strangulation.
Pris au piège, les pigeons agonisent de faim ou par strangulation. © Amandine Pointel / France Télévisions

C'était un triste constat fait par le Parti Animaliste de Rouen. Sous le pont Boieldieu à Rouen, côté rive-gauche, des cadavres de pigeons en décomposition, pris au piège dans un filet pour les empêcher de se poser. Une installation mise en place par Métropole Rouen Normandie dans le but de ne pas dégrader le pont et d'éviter les fientes à cet endroit de la promenade aménagée. 

"La fiente est toxique et abîme l'étanchéité des ponts", nous expliquait la Métropole Rouen Normandie qui désormais s'oriente vers la pose de pics pour éviter que les pigeons ne se posent et détériorent l'ouvrage. 

Un entreprise est venue lundi dernier (6 juillet 2020)  afin d'ôter les filets à la demande le Métropole. 

Les pigeons parvenaient à passer derrière le filet par certains trous et se retrouvaient pris au piège."Les pigeons finissent par agoniser de faim ou de soif, ou parfois même par strangulation ou épuisement", s'indignait Pierre Alexandre Guesdon, tête de liste du Parti Animaliste de Rouen lors des élections municipales.

On retrouve parfois des cadavres en décomposition par dizaines au-dessus des promeneurs. Certains tombent même, morceau par morceau, sur les tables de ping-pong et le parc à vélo.
Pierre Alexandre Guesdon, Parti Animaliste de Rouen, le 9 juin 2020

Vidéo : Amandine Pointel, France Télévisions

"Ce spectacle gâche clairement la promenade"

Pour un certain nombre de rouennaises et de rouennais, ce spectacle gâchait clairement la promenade.

"J'habite juste à côté, j'aime bien venir me promener sur les quais. Depuis qu'ils sont aménagés c'est super sympa, il y a plein de verdure", explique Maddy, "mais ça gâche ma balade de voir ces cadavres dans les filets."

On n'a pas envie de rester sous ce pont jouer au ping-pong et assister à cet horrible spectacle.
Maddy, riveraine

"C'est contradictoire, pour naturaliser les quais avec des arbres si les oiseaux n'ont pas leur place ici ?", s'interroge Pierre Alexandre Guesdon.

Les cadavres se décomposent au-dessus des promeneurs.
Les cadavres se décomposent au-dessus des promeneurs. © Amandine Pointel / France Télévisions

 

Parfois, des passants tentaient de déloger les pigeons en détresse avec des objets pour faire un trou dans le filet, mais ce dernier finissait toujours par être rebouché. 

"Des Rouennais(es) sensibles à la cause animale vont jusqu'à dégrader les filets pour secourir un pigeon", explique Pierre Alexandre Guesdon.

 

36.000 signatures sur la pétition en 3 jours début juin

Le Parti Animaliste demandait le retrait de ce filet anti-piegons. Une pétition mise en ligne le vendredi 5 juin 2020 obtenait près de 37.000 signatures en seulement quelques jours

Nous demandons à la Métropole de Rouen le retrait immédiat de ce filet, pour les animaux mais aussi pour les usagers du quai. Nous ne voulons pas seulement d’un décrochage régulier des cadavres d’oiseaux. 
Pierre Alexandre Guesdon, Parti Animaliste de Rouen, le 9 juin 2020

 

Le filet a été retiré

De son côté, la Métropole Rouen Normandie cherchait des solutions pour résoudre ce problème et annoncait que le filet serait retiré début juillet. C'est chose faite. Promesse tenue. D'autres solutions sont donc à l'étude... des pics comme sur les monuments historiques ou les gare sont envisagés. Pour le parti animaliste, il s'agit d'une fausse issue.

Nous voyons bien ailleurs qu'ils (les pics) n'empêchent pas toujours les oiseaux de s'installer et qu'ils peuvent blesser eux-aussi les animaux

Parti animaliste 2020 facebook

 

"On sait que d'autres villes françaises comme Paris, Nice, Clermont-Ferrand, Marseille, Toulon, ou encore Bordeaux ont construit des pigeonniers à des endroits choisis, fixant ainsi leurs populations d’oiseaux sur des espaces où elles n’occasionnent pas de gêne", indique Pierre Alexandre Guesdon.

 

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