Rouen : la statue de Napoléon remplacée par celle d'une femme...le débat lancé par le maire

Qui va à la chasse perd sa place, dit l'adage. La statue de Napoléon est partie en restauration le 2 juillet. Le socle laissé vide inspire le nouveau maire de Rouen. Nicolas Mayer-Rossignol propose de la remplacer par une figure de femme après une consultation citoyenne. 
La statue équestre de Napoléon 1er avant son départ en restauration
La statue équestre de Napoléon 1er avant son départ en restauration © S. Souici/MaxPPP
 
Napoléon était bien installé sur son cheval cabré depuis 155 ans place de l'hôtel de ville. Il pourrait quitter cette place d'honneur. Le nouveau maire de Rouen a partagé jeudi cette idée : installer à la place de l'Empereur, chef des armées, qui est aussi le père du le Code Civil,  une statue de femme. 

Les rouennais seraient consultés pour choisir la figure féminine.  Nicolas Mayer-Rossignol verrait bien, "à titre personnel" Gisèle Halimi,  avocate du XXe siècle,  fer de lance pour le droit des femmes, Gisèle Halimi, décédée en juillet dernier. 

"Pourquoi 97% des noms de rue et des statues dans l'espace public en France sont-ils ceux d'hommes ?"
(Le maire de Rouen, Nicolas-Mayer Rossignol)
 
durée de la vidéo: 02 min 17
Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen
 

 Premières réactions au possible déménagement de Napoléon

 Les élus du Rassemblement national ont été les premiers à réagir. Ils s'insurgent contre le "déboulonnage de nos personnages historiques", "une insulte à l'histoire". Pour d'autres élus ou habitants, l'hommage fait à Gisèle Halimi est justifié, il faut "construire l'histoire", Napoléon pourrait être installé au bord de la Seine. 

  "Il n'est bien entendu pas question de la détruire!"

Nicolas Mayer-Rossignol a tenu à préciser que la statue en cours de restauration ne passerait pas "à la trappe". Cette oeuvre de 1865 de l'artiste Vital Dubray, faite avec le bronze de canons pris à l'ennemi à la bataille d'Austerlitz serait déplacée ailleurs à Rouen.


La statue de 7 tonnes et 4,40 mètres de haut  était liée à son socle par 2 pattes et la queue. Une des pattes présentait une fissure. Napoléon et son destrier avaient fait de la résistance le 24 juin quand les spécialistes de la fonderie Coubertin avaient tenté de la lever.  Ils ont pu "déboulonner" l'Empereur le 2 juillet. 
 

 
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