Vacciner dans les quartiers populaires, une priorité

A Rouen (Seine-Maritime), cette semaine, des opérations de vaccinations éphémères sont organisées dans trois quartiers prioritaires de la ville. Une nécessité pour toucher des publics où le taux de vaccination est souvent plus faible.
La semaine passée, la Normandie a ainsi atteint son plus haut niveau d’injections depuis le lancement de la campagne avec 238 541 injections réalisées sur la semaine, selon l'ARS.
La semaine passée, la Normandie a ainsi atteint son plus haut niveau d’injections depuis le lancement de la campagne avec 238 541 injections réalisées sur la semaine, selon l'ARS. © MARTIN BUREAU / AFP

84 000 nouveaux créneaux en Normandie. A partir de ce lundi 26 juillet, et jusqu’au 8 août, des rendez-vous supplémentaires seront proposés pour se faire vacciner dans la région. "La Normandie se verra livrer sur la quinzaine à venir des doses supplémentaires de vaccin Pfizer", souligne l’ARS.

Une grande partie de ces doses seront administrées dans les principaux centres de vaccination de la région. Mais ces centres, il faut pouvoir s’y rendre. Et les rendez-vous, il faut pouvoir les prendre. Face à deux précarités, celle du numérique et celle de la mobilité, une seule solution : aller vacciner les gens directement dans leur quartier.

Le Vaccinobus sillonne les quartiers populaires

Cette semaine, trois quartiers populaires de Rouen reçoivent la visite du Vaccinobus du département de Seine Maritime. Avant le quartier Châtelet (place du Châtelet : mardi 27 juillet 2021, de 13h à 18h) et le quartier Grand Mare (sur le parking du centre Malraux : vendredi 30 juillet 2021, de 13h à 18h), le quartier Grammont a ouvert le bal.

Cet après-midi, devant le pôle culturel Grammont, une longue file d'attente. Les habitants du quartier se sont pressés pour se faire vacciner. "Au Kindarena il fallait attendre. Et pour moi, ici, c’est plus proche de mon domicile, ça m’arrange de me faire vacciner là", explique une jeune femme. Un homme, plus âgé, renchérit : "C'est bien de se déplacer comme cela jusqu'à nous, ça nous évite de faire les déplacements".

"Ça répond vraiment aux attentes des habitants des quartiers comme le nôtre. On vient sans rendez-vous, sur des plages horaires amples… ça répond bien à la problématique de la mobilité", estime Yassine Arab, médiateur social.

Beaucoup ne peuvent pas prendre de rendez-vous sur Doctolib. Ils ne savent pas utiliser les applications, ou n’ont pas le téléphone adéquat

Yassine Arab, fondateur de l'Association Espoir Jeunes

Le fondateur de l’Association Espoir Jeunes, qui œuvre dans le quartier Grammont, explique que de nombreux habitants ont des difficultés sur un point de vue numérique. "Beaucoup ne peuvent pas prendre de rendez-vous sur Doctolib, ils ne savent pas utiliser les applications, ou ils n’ont pas le téléphone adéquat. Il y a quelques semaines, une personne âgée m’a demandé comment faire pour rendre rendez-vous, je lui ai expliqué les démarches à suivre."

Mais ce sont aussi les populations les plus jeunes qu’il faut toucher. Yassine Arab s’occupe surtout des mineurs dans son association, il discute beaucoup avec eux. "Les jeunes sont dans le doute, ils se posent question. On essaye de déconstruire les fake news et autres fausses idées concernant la vaccination".

"Aller vers" les populations précaires

Une opération comme celle du Vaccinobus fait partie d’un dispositif plus large de l’Assurance maladie appelé « Aller vers ». Il s’agit d’aller vers les populations les plus vulnérables, les plus fragiles. En premier lieu, les personnes âgées. En Seine-Maritime, ce sont plus de 9000 personnes de 75 ans et plus, non vaccinées, qui ont été contactées depuis mars, selon l’Assurance Maladie.
Il s’agit dans un même temps de toucher les personnes en situation de précarité.

La semaine dernière, la Défenseure des droits s’inquiétait des conséquences de l’extension du passe sanitaire. "La carte des plus faibles vaccinations recoupe celle de la pauvreté, de la fracture numérique, de l’accès aux services publics. Les nouvelles mesures comportent ainsi le risque d’être à la fois plus dures pour les publics précaires et d’engendrer ou accroître de nouvelles inégalités."

L’Assurance Maladie, en partenariat avec l’ARS Normandie, œuvre pour cibler ces secteurs prioritaires. Mais les données chiffrées de la CPAM concernant le taux de vaccination permettent une cartographie au niveau communal, pas au niveau des quartiers. L’Assurance Maladie travaille donc main dans la main avec les municipalités, qui connaissent leurs quartiers. Exemple concret, à Saint-Lô (Manche). Deux opérations ont été montées dans le quartier du Val-Saint-Jean et dans celui de la Dollée. Après des premières doses distribuées en juin et juillet, des secondes injections seront réalisées début août.

La semaine passée, après les annonces présidentielles, la région a ainsi atteint son plus haut niveau d’injections depuis le lancement de la campagne avec 238 541 injections réalisées sur la semaine, selon l’ARS.

Emmanuel Macron a annoncé ce matin que la France avait franchi la barre des 40 millions de premières doses. L’exécutif vise les 50 millions pour la fin août.

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