VIDÉO. Avec Robert et le Diable, on Satan à tout... et si ce Robert le démoniaque n’était autre que le père de Guillaume le Conquérant, Duc de Normandie

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Au 13ᵉ siècle, sous la plume d’un anonyme clerc normand, surgit dans la littérature la figure ténébreuse d’un certain Robert le Diable. Il serait le fils de Satan et de la femme d’un Duc de Normandie. L’histoire porte une telle charge d’effroi que l’on finit par la confondre avec la réalité. Et si ce Robert démoniaque n’était autre que... le père de Guillaume le Conquérant ? Ou bien Robert II de Bellême, un baron fou et sanguinaire, contemporain de Guillaume ? ©France télévisions

Normandie, XIIIè siècle, un chanoine anonyme invente la légende d’un héros maléfique qu’il associe à l’histoire des Ducs de Normandie. Aujourd’hui, près de 800 ans plus tard, un château porte toujours son nom et des chercheurs médiévistes pistent ses traces entre légende et vérité historique. Tour à tour duc sanguinaire, chevalier repenti, héros romantique, Robert le diable, un voyage au fil du temps sur les traces d’un des fils de Satan.

Au 13ᵉ siècle, sous la plume d’un anonyme clerc normand, surgit dans la littérature la figure ténébreuse d’un certain Robert le Diable. Il serait le fils de Satan et de la femme d’un Duc de Normandie. L’histoire porte une telle charge d’effroi que l’on finit par la confondre avec la réalité. Et si ce Robert démoniaque n’était autre que le père de Guillaume le Conquérant ? Ou bien Robert II de Bellême, un baron fou et sanguinaire, contemporain de Guillaume ? baron fou et sanguinaire, contemporain de Guillaume ?

Robert (et) le Diable, un voyage dans le temps sur les traces d'un enfant de Satan !

Un mythe normand est né. Mais puisqu’il est Malin, il dure et se métamorphose. Robert le Diable enflamme les époques et franchit les frontières. Il devient un héros populaire en France, dès le 15ᵉ siècle, grâce à l’essor de l’imprimerie. Il ressurgit au 19ᵉ siècle, dans un opéra de l’Allemand Giacomo Meyerbeer au retentissement considérable dans toute l’Europe.

Enfin, il traverse l’enfer du XXe siècle, réveillé par Louis Aragon et Robert Desnos. Et il perdure encore aujourd’hui, à travers un château normand qui porte son nom, devenu l’une des principales attractions
touristiques de la région.

Suivre la trace de ce Highlander des ténèbres, c’est révéler l’évolution du rôle du diable dans nos sociétés occidentales.
Moyen Âge, révolution Gutenberg, 19ᵉ siècle, Seconde Guerre mondiale, période contemporaine, avec l’apport d’historiens et d’experts ès démonologies, ce documentaire traque Robert sous ses différents aspects et avatars. Il voyage des vestiges archéologiques de la Normandie médiévale à la scène des opéras de Paris et Bordeaux. Il convoque Goethe ou Gérard de Nerval, Marie Shelley ou Charles Baudelaire, Frédéric Chopin ou Les Rolling Stones !

On y voit aussi bien flamber les feux de l’Inquisition et brûler les passions romantiques que scintiller les paillettes du marketing ou de la publicité. Car Robert le Diable, le sombre héros normand, n’est pas seulement fils de Satan. Il est surtout fils de son temps.

Un diable bien réel

Tout commence donc par un manuscrit, daté de la seconde moitié du 13ᵉ siècle et conservé à la Bibliothèque de France. Onze miniatures illustrent le texte.

L’auteur : un clerc anonyme comme c’est le plus souvent le cas au Moyen Âge.

L’histoire : celle d’un couple ducal de Normandie désespérant d’avoir un héritier. Après quinze années d’attente et de prières stériles, la duchesse Indre, dans un excès de colère, maudit Dieu dans ses prières :

J’ai multiplié les promesses, les dévotions au saint office, je n’ai cessé de vous exhorter, et vous ne m’avez donné aucun enfant. A coup sûr, c’est que vous n’en avez pas le pouvoir : vous êtes si faible que les démons, à leur avènement, se sont emparés des prérogatives qui vous revenaient. Vous avez perdu toutes vos facultés ! Diable ailé, je vous en prie, accordez-moi l’enfant qui me revient, car vous le pouvez mieux que Notre Seigneur Jésus-Christ.

La Duchesse Indre

Aujourd’hui encore, des médiévistes tentent de retrouver derrière la légende les traits d’une personnalité historique.

Leurs sources : des documents en latin du 11ᵉ et 12ᵉ siècles. François Neveux, spécialiste de l’Histoire normande, nous dira que le nom de Robert n’a bien sûr pas été choisi au hasard. D’abord, c’est ainsi qu’était surnommé au Moyen Âge les chats noirs, symboles du démon et du diable. Ensuite et surtout, dans l’onomastique ducale normande, le prénom Robert revient régulièrement. Chaque duc ainsi prénommé peut être l’inspirateur de la légende.
Robert, comme d’autres héros de fiction, a tous les atouts pour devenir l’assesseur utile des visées unificatrices de l’Église catholique.

Robert et le diable

Un film documentaire de 52 minutes d'Alban Vian, écrit par Stéphane Miquel et Alban Vian,

production Keren Production et France 3 Normandie, diffusé ce jeudi 28 mars à 22h30 sur France 3 Normandie et sur france.tv