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Surfrider alerte sur la pollution aux microplastiques dans nos rivières

Outre les plastiques visibles, les rivières ont montré qu'elles contenaient des particules de plastiques microscopiques. / © Jean-Marc LOOS/L'ALSACE/MAXPPP
Outre les plastiques visibles, les rivières ont montré qu'elles contenaient des particules de plastiques microscopiques. / © Jean-Marc LOOS/L'ALSACE/MAXPPP

Les prélèvements réalisés par l'ONG dans l'Orne et le Calvados montrent la présence de microplastiques. Surfrider se dit "choqué" de cette découverte.

Par Raphaëlle Besançon

" Il n'existe pas de chiffre concernant la pollution aux microplastiques sur les cours d'eau ", regrette Benoît Birette, responsable de l'antenne bénévole de Surfrider dans le Calvados.

Surfrider est une ONG née sur la côte Ouest des États-Unis en 1985. Vingt-neuf antennes ont ensuite été créées en Europe. Leur but : sensibiliser à la protection des océans.
 


Mini filets, maxi résultats

Habituellement, Surfrider réalise des campagnes de sensibilisation via la collecte de déchets sur les plages ou du lobbying auprès des institutions. 

Pour la première fois, l'ONG a réalisé des prélèvements dans les cours d'eau. Des filets ont été plongés dans l'Orne, la Dives et la Touques (Deauville) 5 min seulement. Les mailles de 300 microns ont permis de retenir des microplastiques (particules de plastiques microscopiques) et des microfibres synthétiques.

On a retrouvé 1 à 2 microplastiques par m³. C'est beaucoup ! On a été choqué de ces résultats. Cela montre que les stations d'épuration ne sont pas en mesure de les filtrer. Benoît Birette, Surfrider Calvados.

À Biarritz, les prélèvements de microplastique réalisés par Surfrider sont deux fois plus importants.
 

Une pollution plus tôt

Ces résultats montrent que la fragmentation du plastique en microparticules a lieu, non pas dans les océans, mais bien plus tôt. À peine jetés, les plastiques commencent à se fragmenter, à cause de la chaleur, de l'action de l'eau, de l'hélice d'un bateau...

Nous organisons des collectes de déchets, mais nous ramassons seulement ce que nous voyons. Il nous reste à collecter l'invisible !  Benoît Birette

Un danger pour l'homme 

Si les plastiques visibles peuvent être ingérés par les mamifères et causer de graves dégâts, il en est de même avec les microplastiques.

"Les moules et les coques par exemple, sont des animaux filtrants. Ils aspirent l'eau, la filtre et la rejette. Ils gardent ces particules qui soit les font mourir, soit seront ingérées par l'homme. De même pour les petits poissons et les mollusques qui sont à la base de la chaîne alimentaire", alerte Benoît Birette.

Chaque années, les plastiques tuent 1,5 millions d'animauxInstitut français de recherche pour le développement 

À l'heure actuelle, aucune étude ne démontre clairement le danger de l'ingestion de plastiques par l'homme, même si plusieurs hypothèses inquiétantes sont soulevées.
 

Une loi plus ferme

Le kit dont dispose Surfrider va être distribué aux autres antennes européennes de l'ONG. Les chiffres seront remontés, même si "nous n'avons pas un procédé scientifique pour réellement les exploiter, regrette Benoît Birette. Ces chiffres en amèneront peut-être d'autres qui feront évoluer la loi."

Depuis le 23 mai, la Fondation Tara Océan appuie la démarche de Surfrider. Une quarantaine de scientifiques a quitté Lorient à bord d'une goélette afin d’évaluer la concentration de déchets plastiques charriés par les fleuves et leur impact sur les organismes marins 

Actuellement, 70% de nos déchets sont non-recyclables. Ils sont donc soit incinérés (40%) soit enfouis (60%). Surfrider milite donc pour le zéro déchet.
 

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