Vaccins contre la grippe : 55,7 % des pharmacies normandes peuvent désormais l’administrer sur place

La pharmacie Danjou à Caen a transformé une réserve en une salle d'isolation pour pouvoir administrer le vaccin contre la grippe a ses patients / © Flore Caron / France 3 Normandie
La pharmacie Danjou à Caen a transformé une réserve en une salle d'isolation pour pouvoir administrer le vaccin contre la grippe a ses patients / © Flore Caron / France 3 Normandie

Personnes âgées, femmes enceintes, etc. Les français dits « à risque » peuvent, dès ce mardi 15 octobre, se faire vacciner contre la grippe directement en pharmacie.
 

Par Catherine Gauberti

"On est sûrs que c’est fait, que le vaccin ne reste pas dans le frigo". Yann Cormier, employé de la pharmacie caennaise Lafayette du théâtre, est désormais habilité à piquer le bras de ses clients pour leur administrer le vaccin contre la grippe. Comme 55,7 % des pharmacies normandes, la pharmacie Lafayette s’est portée volontaire dans le cadre de la campagne de vaccination contre la grippe pour que les personnes dites « à risque » (femmes enceintes, personnes atteintes de pathologies spécifiques, personnes âgées, etc.) puissent, si elles le souhaitent, se faire vacciner sur place.

Dans la pharmacie Danjou à Caen, tous les pharmaciens ont été formés durant une journée pour apprendre le geste. Le but n’est pas de se substituer aux médecins mais, comme l’explique un des pharmaciens Franck Kuesnelle, de « compléter l’offre vaccinale existante » pour faciliter l’accès au vaccin. « L’année dernière, on a eu des demandes, on a estimé qu’on aurait les mêmes demandes cette année », explique-t-il. Le gouvernement veut ainsi encourager les personnes à risque à se faire vacciner. L’objectif : passer de 50 à 75 % de couverture vaccinale pour cette population.

D’après Santé publique France (SPF), "la couverture vaccinale chez les personnes à risque a très légèrement progressé cette année [janvier 2019, ndlr], mais demeure toujours insuffisante". D’autre part, cette habilitation servira aussi à pallier le manque de médecin : "On a beaucoup de mal à en trouver dans la région", raconte Yann Cormier.
 

Aménagement des pharmacies


Pour respecter l’intimité des patients, les pharmacies volontaires doivent aménager une salle de confidentialité à l'intérieur desquelles doit se trouver tout le matériel nécessaire à la vaccination : gants, chaises, etc. "On ne peut pas faire vacciner les gens devant tout le monde", explique l’Agence régionale de santé (ARS). Dans la pharmacie Danjou, c’est une ancienne réserve qui fait désormais office de salle d’isolation.

Ça encourage ceux qui ne se font pas vacciner d'habitude, 
- Yann Cormier, pharmacien à la pharmacie Lafayette du théâtre à Caen 

Petit détail qui a son importance : les patients doivent pouvoir se rendre à la salle d'isolation depuis l'espace clients sans accès possible aux médicaments. Ainsi, le patient ne peut pas passer par l'espace tecnhique pour y accéder ni passer par une porte arrière. Cette obligation qui peut vite s'avérer compliquée pour les petites strctures qui ne sont pas dotées de nombreuses salles. Une petite pharmacie caennaise s'est ainsi retrouvée privée d'administrer le vaccin alors même qu'elle avait tout mis en place : formation des pharmaciens, aménagement d’une salle d’isolation, etc. Ce qui a de quoi faire rager les pharmaciens mais aussi la clientèle : "Je trouvais ça mieux que ce soit les pharmaciens qui les fassent puisqu’ils les vendent. Ça paraît plus logique et ça évite d’aller chez le médecin", se désole Annie. La caenaise choisira donc "l'option infimier"  faute de pouvoir se faire vacciner dans sa pharmacie habituelle. 
 

Un vaccin un peu en avance

Ce matin du mardi 15 octobre, les patients ne se bousculent pas pour recevoir ledit vaccin. Il faut dire qu’il encore un peu tôt. "Ce n’est pas urgent", explique Franck Kusesselle. La bonne période est en fait début novembre. "Les gens ont juste pris des infos", explique quant à elle, une des employées de la pharmacie Lafayette du théâtre qui n’a pas encore reçu de demande.

Yann Cormier n'a donc pas encore pu piquer ses patients. "Même si on est formés, ça reste une découverte", dit-il en souriant.  "Il faut savoir gérer le patient qui peut être anxieux ou impatient". Pour lui, cette nouvelle fonction va porter ses fruits : "On a une relation de confiance avec les gens. C’est une belle mission de les convaincre de l’efficacité du vaccin."


 

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