L'étude publiée ce lundi par l'agence cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait beaucoup de bruit... Jusqu'en Normandie. Elle classe la viande comme "probablement cancérogène" pour l'homme et la charcuterie comme "cancérogène". Difficile à entendre pour une profession en crise...

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) a réuni un groupe de travail de 22 experts venus de 10 pays différents, qui ont analysé plus de 800 études... Au final, ces experts ont révélé ce lundi 26 octobre leurs conclusions : ils ont classé la viande transformée (essentiellement la charcuterie), dans la catégorie des agents "cancérogènes pour l'homme" et les viandes rouges - qui, selon le CIRC, incluent le porc et le veau - comme "probablement cancérogènes".

Selon eux, parmi les cancers les plus fréquemment associés à la viande figure le cancer colorectal et dans une moindre mesure les cancers de la prostate et du pancréas.

34.000 décès par an


Bien sûr, dans le monde entier, cette étude a provoqué une levée de boucliers des professionnels du secteur : producteurs de viande, bouchers, transformateurs...

A l'appui, les estimations les plus récentes d'un organisme de recherche indépendant : une alimentation riche en charcuteries provoquerait 34.000 décès par cancer par an environ dans le monde. Contre un million de décès par cancer par an imputables au tabac, 600.000 à l'alcool et plus de 200.000 à la pollution atmosphérique.

Nous avons rencontré un éleveur normand, qui dénonce une remise en cause de son métier à l'heure où sa profession est déjà en difficulté.

Le reportage de Marie Aubazac et Philippe Derouet (montage : Juliette Bondil), avec les interviews de :
  • Antoine Gilles, éleveur à Motteville (76)
  • Gilles Dumesnil, boucher à Yvetot