Les éclisses sous contrôles

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Le drame de Brétigny-sur-Orge, qui a fait six morts, pourrait être consécutif à une défaillance matérielle. En cause, une éclisse, pièce métallique servant à rejoindre deux rails. 

C'est en tout cas vers cette thèse que s'orientent les enquêteurs. En région Poitou-Charentes, c'est tout le réseau ferré qui est sous contrôle, avec une attention particulière pour ces fameuse éclisses, ces pièces métalliques d'une dizaine de kilos.

Alors que la vétusté du réseau est pointée du doigt, le président de Réseau ferré de France (RFF),  Jacques Rapoport, a assuré lundi que le vieillissement des équipements ferroviaires nuisait à la performance du réseau mais pas à la sécurité, affirmant sur France Info qu'"il n'y a pas de lien entre l'âge d'un équipement et sa sécurité".

Il a assuré que son groupe qui gère le réseau ferré français et la Société nationale des chemins de fer (SNCF) assumeraient leurs responsabilités
après cet accident, alors que quatorze personnes étaient toujours hospitalisées ce lundi dont deux grièvement.

Reportage de Céline Cabral et Yoann Etienne

Vérification des éclisses en gare de Poitiers


Les trois enquêtes en cours "nous diront s'il y a de nouvelles mesures, des adaptations, des changements de méthode, des efforts complémentaires à faire et nous les ferons", a-t-il dit, estimant que le transport ferroviaire était "parfaitement fiable aujourd'hui en France", vu "le nombre infinitésimal" des incidents ferroviaires et soulignant que "le dernier accident de ce type s'est produit il y a 30 ans".
Mais, a-t-il indiqué, "lorsqu'un équipement vieillit et que ses performances se réduisent, nous pouvons être amenés à réduire la vitesse (...), nous pouvons être amenés à augmenter l'intervalle entre les trains, nous pouvons être amenés à interrompre le trafic si nous constatons le moindre incident".

De son côté, Gilles Savary, député PS de la Gironde et rapporteur de la future réforme ferroviaire en France, a fait état lundi de "3.000 kilomètres de lignes ralenties" en raison des risques engendrés par le "vieillissement du réseau".
Selon lui, "l'état des lieux, c'est 3.000 kilomètres de lignes ralenties pour des raisons d'insécurité liée au vieillissement du réseau".
Face à ce vieillissement et par mesure de précaution, "on a plutôt baissé la vitesse que refait les lignes", a-t-il encore constaté, confirmant implicitement les explications de RFF.

Trois jours après le déraillement du train 3657 Paris-Limoges, le trafic restait "fortement perturbé" au départ et à l'arrivée de la gare Paris Austerlitz sur les grandes lignes.
"Aucun RER C" ne circulait lundi matin entre Savigny-sur-Orge et Brétigny, selon la SNCF qui prévient que la circulation des trains restera "fortement perturbée la semaine du 15 au 21 juillet sur l'axe Juvisy/Brétigny/Etampes et Dourdan".
La SNCF conseillait également aux voyageurs de "reporter leur déplacement" entre Paris et Orléans, pendant les travaux de remise en état des installations de Brétigny-sur-Orge.