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L’effet « yoyo » de l’oxygène atmosphérique, décisif pour la vie sur Terre

© Pierre J CC-BY-NC-SA
© Pierre J CC-BY-NC-SA

Le responsable de cette équipe internationale, Abderrazak El Albani, est l'invité du Midi Pile de Patricia Perrin sur France 3 Poitou-Charentes. Le travail de plusieurs laboratoires français a permis de reconstituer les variations de la teneur en oxygène de l’atmosphère de la Terre.

Par Bernard Dussol

Des implications décisives dans l'évolution de la vie

Le travail de cette équipe de scientifiques a été coordonné par Abderrazak El Albani, de l’Institut de chimie des milieux et des matériaux de Poitiers (CNRS/Université de Poitiers). Étonnamment, les résultats montrent des fluctuations de la teneur en oxygène de l'atmosphère de la Terre : une sorte de dynamique « en yoyo » durant cette période. Elles débutent par une augmentation forte de sa teneur et finit par une chute significative, ces effets ayant des implications décisives dans l’évolution de la vie sur notre planète.


Une période charnière de l'histoire de la Terre

La période étudiée s'appelle le Paléoprotérozoique (2,3 à 2 milliards d’années), une charnière de l’histoire de la Terre. Elle correspond au moment où la teneur en oxygène de l’atmosphère de notre planète augmente pour la première fois fortement. Avant, il est admis que la Terre en était pratiquement dépourvue, limitant les possibilités de vie à la prolifération d’organismes anaérobies.


Des sédiments conservés au Gabon dévoilent leurs secrets

II y a 2,35 milliards d’années, à la fin des glaciations globales qui ont abouti à recouvrir une grande partie du globe d’une couche de glace, la concentration en oxygène de l’air a ainsi augmenté rapidement pour atteindre un maximum, voici 2,1 milliards d’années. Que s’est-il passé ensuite? On pensait jusqu’à présent que le taux d’oxygène avait augmenté ou s’était stabilisé durant la période comprise entre 2,3 et 2 milliards d’années mais qu’il n’avait pas diminué. Or les sédiments très bien conservés du bassin de Franceville, situé dans le sud-est de la République Gabonaise, étudiés par les chercheurs montrent, qu’en réalité, il y a eu de fortes fluctuations et qu’une chute significative a suivi le taux de concentration d’oxygène maximum correspondant à l’âge des macrofossiles retrouvés sur le site.

Les recherches sur l'histoire de l'oxygénation de la Terre sont loin d'être achevées

L’étude confirme ainsi que la période du Paléoprotérozoique, encore mal connue, a été décisive pour l’histoire de la Terre et que ces brusques variations du taux d’oxygène ont dû avoir des répercussions importantes sur la dynamique de l’évolution de la vie et de la planète. Au terme de ces travaux, plusieurs pistes restent cependant à creuser : établir l’impact direct et indirect que ces variations ont eu à cette époque sur la vie terrestre ou encore leurs liens avec le mode et la dynamique d’altération des roches. Autant d’études, visant à comprendre l’histoire de l’oxygénation de la Terre, qui nécessitent l’exploration de sites plus récents que celui du bassin de Franceville.

Le reportage d'Elodie Gérard et Laurent Gautier dans le laboratoire du professeur El Albani à l'université de Poitiers
DMCloud:114935
les découvertes sur l'oxygène du professeur El Albani
Reportage d'Elodie Gérard et Laurent Gautier




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