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Grogne des intermittents du spectacle: pour tout comprendre

Avec plus de 60 festival dans l'année, la région Poitou-Charentes est une des régions de France les plus riches en terme de manifestations culturelles. Une richesse qui pourrait être ternie par les mouvements de grogne des intermittents du spectacle.

Par François Gibert

En 2003, une tentative de réforme de l'assurance chômage avait déclenché un important mouvement social dans le secteur et entraîné l’annulation des grands festivals d’été, le festival d'Avignon ou les Francofolies de La Rochelle entre autres.

Qu'est ce qu'un intermittent ?
Le terme « intermittent » ne désigne ni un métier ni un statut. C'est un régime spécifique, créé en 1936, d'abord pour l'industrie du cinéma, qui employait un grand nombre de techniciens et de cadres pour des tournages, sans pouvoir leur garantir un emploi permanent. Il permet une embauche en contrat à durée déterminée « d'usage », qui, contrairement au CDD ordinaire, peut être de très courte durée et se renouveler sans limite durant plusieurs années. Entre deux contrats, un intermittent est indemnisé par l'assurance-chômage.

50 000 en 1989, ils sont désormais plus de 250 000.


Comment sont-ils indemnisés ?
Le droit d'entrée pour pouvoir bénéficier d'indemnisations est assez élevé: il faut justifier de 507 heures de travail sur dix mois pour les techniciens (dix mois et demi pour les artistes) avant d'obtenir une allocation de retour à l'emploi, contre 610 heures sur vingt-huit mois pour les salariés du régime général.

Une fois atteintes ces 507 heures - soit trois mois et demi de travail - ils sont indemnisés pendant 243 jours contre 122 jours pour un chômeur "classique"
Mais les intermittents du spectacle ne représentent que 3,5% des bénéficiaires des allocations chômage, et 3,4% des dépenses de l’Unédic, 

Combien ce régime coûte-t-il ?
Plus d'un milliard d'euros, selon la Cour des comptes, mais pour le député PS Jean-Patrick Gille, qui a rédigé un rapport sur la question, le surcoût ne serait que de 320 millions.

"La culture, la création, la diffusion, c'est 300.000 personnes, autant que la construction automobile", rappelle Jean-Patrick Gille. "C'est même un poids lourd économique (...) Sans intermittents, plus de festivals. Le secteur de la création et de la diffusion, c'est 40 milliards de PIB. Si vous supprimez le système des intermittents, vous détruisez toute l'économie de la culture."









 






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