Le doyen du peloton décrypte le parcours du championnat de France de cyclisme sur route

Le Championnat de France, dont l'édition 2014 sera disputée dimanche au Futuroscope, près de Poitiers, est la course la plus compliquée de la saison, à entendre Sébastien Hinault, le doyen (40 ans) du peloton national et coéquipier de Sylvain Chavanel.

© maxppp
A 40 ans, le Breton Sébastien Hinault s'apprête à disputer son 18e championnat de France pro.
Sans jamais avoir pu faire valoir sa pointe de vitesse (vainqueur au sprint d'une étape de la Vuelta en 2008): "Je suis toujours passé à côté, sauf une fois en 2000. J'avais été repris à 200 mètres de la ligne".

Au départ de la course au maillot bleu-blanc-rouge, la quasi totalité des coureurs a au moins une arrière-pensée en tête ("Et si c'était moi?").
"On ne sait jamais", souligne le Briochin, dont l'expérience lui permet de décrypter la partie de poker menteur ("il faut savoir jouer à qui perd gagne") et les stratégies des différents groupes.

"Bien sûr, ça se court par équipes. A la FDJ.fr, Europcar, AG2R La Mondiale, ils sont 20 ou 25 au départ. Mais l'expérience montre que ce n'est pas une garantie de succès", relève-t-il.

Les dés sont lancés dès la réunion d'avant-course, l'indispensable briefing.
"Dans les équipes, les rôles sont répartis. Par exemple, un tiers des coureurs sont désignés pour faire la première partie de course, un deuxième tiers pour la suite, les leaders pour le final. Tout le monde a sa chance, à condition que l'échappée aille au bout", explique Hinault, sans aucun lien de parenté avec son homonyme quintuple vainqueur du Tour.


La carte de Sylvain Chavanel

"On ne peut pas faire du chacun pour soi, on est pro, on fait le travail. Il arrive qu'un mec veuille changer de rôle, lève la main pour demander à jouer le final. Après, évidemment, il faut assumer. C'est dans ce genre de moment qu'on voit l'ambition, la mentalité, de chacun", note le Breton qui a porté les couleurs de quatre équipes dans sa carrière (GAN devenue Crédit Agricole, AG2R La Mondiale, IAM).

En arrière-plan, la perspective du Tour de France, dont le départ est donné six jours plus tard, ajoute un élément tactique supplémentaire.
"Parfois, la sélection pour le Tour se joue au championnat entre plusieurs coureurs. Il peut y avoir un marquage", convient le doyen du peloton français qui avoue: "Ce n'est pas la course que je préfère, même si elle est unique, avec tous les fan-clubs, les supporters sur le bord de la route, et si le maillot tricolore que l'on porte pendant un an fait rêver".

S'il est une qualité privilégiée ce jour-là, c'est bien l'opportunisme, souligne "Seb" Hinault: "Il faut être prêt pour plusieurs scénarios et sauter sur l'occasion".

Il se garde d'ambition personnelle élevée, cette fois, au Futuroscope, bien qu'il s'avoue "plus libéré qu'avant".
Il annonce vouloir travailler en priorité pour son coéquipier Sylvain Chavanel, sacré jeudi pour la 6e fois champion de France du contre-la-montre: "Comme nous ne sommes que trois de l'équipe IAM, nous n'aurons pas le poids de la course. Le circuit n'est pas archi-dur mais Sylvain a une belle carte à jouer".
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