Dans les champignons, tout n'est pas bon

Ramasser des champignons sans prendre des précautions peut être redoutable pour les estomacs et parfois pire. Alors les sociétés mycologiques organisent des sorties pour apprendre et prévenir.

© francetv
Il existe 35 000 espèces de champignons en France. Leur identification est difficile d’où un risque élevé de confusion entre espèces toxiques et comestibles pour les récolteurs mal informés. Rappelons qu’encore aujourd’hui, on continue à mourir par imprudence, ignorance ou par excès de confiance en "testant" des champignons ramassés dans la nature…

Chaque année, 1 200 à 1 300 cas d’intoxication par des champignons sont recensés, dont dix à vingt cas graves et quelques cas mortels.
La majorité de ces intoxications sont la conséquence d’une confusion avec d’autres champignons comestibles, d’où l’importance de rester extrêmement vigilant lorsque l’on pratique la cueillette des champignons, de façon régulière ou occasionnelle.

L'amanite phalloïde, la mortelle


Entre 90 % et 95 % des cas d’intoxication mortelle sont liés à une amanite phalloïde.
Les premiers symptômes, de type gastro-entérite aiguë (diarrhées, nausées, sueurs, hallucinations, modifications du rythme cardiaque) ne se manifestent pas avant au moins 6 heures après l’ingestion, voire 12 heures.
Il peut s’ensuivre une rémission mais elle est trompeuse car la toxine (amatoxine) conduit à une destruction du foie et à une insuffisance rénale, avec un décès pouvant survenir entre le 6ème et le 10ème jour.

Aujourd’hui, grâce aux progrès réalisés en matière de réanimation et de greffe du foie, le taux de mortalité est passé de 50 % en 1965 à 10 %.

Les bons réflexes du cueilleur

Apprendre avec un connaisseur

Le plus important, c’est d’apprendre sur le terrain avec un cueilleur de champignon expérimenté et de repérer avec lui quelques espèces qui pourront être sélectionnées avec certitude.

Respecter l'ecosystème

Ne ramassez que des quantités modérées de sorte que les champignons restants puissent assurer un cycle de vie complet garantissant la préservation de l’espèce. À cet effet, certains départements fixent par arrêté des limites quantitatives pour les cueilleurs.

Ne ramassez jamais par grattage ou par ratissage afin de ne pas détruire le milieu naturel.

Certains champignons pouvant accumuler des polluants (métaux, radioéléments), il est déconseillé de ramasser des champignons près des routes, des cultures, des industries, des incinérateurs, etc.

Ne ramassez que des champignons comestibles que vous connaissez parfaitement.

Ne vous fiez pas à la couleur ou à la forme d’un champignon pour déterminer s’il est comestible ou non.

Prélevez la totalité du champignon (chapeau et pied) pour permettre son identification.

Ne placez pas les champignons récoltés dans un sac en plastique (pour ne pas les altérer ni accélérer le pourrissement), mais déposez-les séparément dans un panier ou un carton.

Au moindre doute sur l’état ou l’identification de l’un des champignons récoltés, ne le consommez pas sans avoir montré votre récolte à un spécialiste (pharmaciens, associations et sociétés de mycologie régionales).

Intoxication: comment réagir

Après une consommation de champignons de cueillette, si un ou plusieurs symptômes se manifestent (diarrhée, vomissements, nausées, tremblements, vertiges, troubles de la vue, etc.), contactez immédiatement le centre antipoison de votre région ou le Centre 15 (Samu) en mentionnant cette consommation.

Pensez à noter les heures du ou des derniers repas, le moment de survenue des premiers symptômes et conservez bien les restes de votre cueillette pour l’identification du ou des champignons en cause.

Le reportage d'Anne Marie Baillargé dans la campagne poitevine
Sortie mycologique


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