Aéroclubs : décollage en douceur

Un nouvel aéroclub a pris son envol pendant le confinement : l'aéroclub Limoges-Bellegarde, issu de la fusion des deux aéroclubs qui existaient sur le site de l'aéroport. Mais tout comme à l'aéroport de Brive, les conditions sanitaires freinent le redémarrage.

Reprise en douceur dans les aéroclubs
Reprise en douceur dans les aéroclubs © Philippe Degeorges Limoges

 

2 pour 1 et 1 pour tous

Pilotes et élèves-pilotes ont donc repris la direction de leurs aéroclubs. A Limoges, c'est dans un tout nouvel aéroclub qu'ils se retrouvent désormais : l'aéroclub Limoges-Bellegarde.

La fusion de l'aéroclub de Limoges et de l'aéroclub du Limousin était dans les starting blocks mais les premières restrictions de rassemblement ont eu raison de l'assemblée générale du 14 mars, où plus de 100 personnes devaient se retrouver. C'est donc par visio-conférence, le 25 avril 2020, que la naissance du nouvel aéroclub Limoges-Bellegarde a été entérinée par plus de 80 membres confinés. Une situation inédite qui a satisfait les adhérents des deux clubs désormais réunis, comme le souligne Guy Costa, élu Président de ce nouvel aéroclub.
 

Je ne peux que féliciter toutes celles et ceux qui ont oeuvré pour que cette fusion, espérée et attendue depuis 20 ans, soit aujourd'hui réelle et réussie. C'est vrai qu'il est étrange qu'elle voit le jour justement dans cette période de mise à distance. Il nous manque à présent de fêter l'événement comme il se doit, en nous retrouvant tous !


La fusion de ces deux aéroclubs, fondé pour l'aéroclub du Limousin en 1929 et dans les années 60 pour l'aéroclub de Limoges par quelques salariés de RVI (Renault Véhicules Industriels), va permettre des économies de fonctionnement, notamment sur les locaux situés à l'aéroport de Limoges-Bellegarde et de péréniser deux emplois salariés. Une préparation qui a dû aussi se faire à distance, comme le souligne Philippe Degeorges, Pilote Instructeur, salarié de l'aéroclub Limoges-Bellegarde

C'est aussi en utilisant tous les nouveaux outils numériques à notre disposition aujourd'hui que nous avons pu préparer l'harmonisation de nos programmes, de notre organisation et de nos formations. Il nous fallait confronter les habitudes et les méthodes de chacun pour faire émerger un seul discours à l'intention de nos adhérents et de nos élèves. La période du confinement a été propice pour tout ce qu'il y avait à faire, sinon nous aurions dû cumuler toute cette partie avec l'activité dense du club


Le nouvel aéroclub Limoges-Bellegarde compte aujourd'hui près de 150 licenciés. Tout le monde trépigne depuis des semaines, alors depuis le déconfinement, les demandes de vols sont nombreuses. Pour autant il y a moins de créneaux possibles par journée, car le temps de préparation des avions est plus long. Il faut désinfecter les instruments et le cockpit à chaque retour.

La flotte est composée de 9 avions, des robins de 120 et 140CV, piper aircraft de 160 et 180CV et cessna de 160CV, sans oublier un biplace nouvelle génération en composite, avec ses écrans tactiles, réservée à la formation. Une flotte totalement à l'arrêt pendant la période de confinement. Personne n'a accédé aux garages, sauf avec la mission de venir faire chauffer les moteurs pour l'entretien.

Quant à la formation des élèves, elle s'est également poursuivie en ligne, grâce à des logiciels spécialisés et un encadrement qui s'est adapté. Sur ce point aussi, Philippe Degeorges, pilote-instructeur, a pallié l'absence physique en suivant les élèves par visio conférence. Zoom, Whatsapp... autant d'applications qui ont maintenu le lien entre élèves et instructeurs. Des moyens qui pourront perdurer en complément par la suite
 

Rien ne vaut le présentiel bien naturellement, mais oui je sais que je vais réutiliser les conférences en vidéo pour certains cours, ça maintient une dynamique de groupe au lieu de passer par les courriels, c'est plus plaisant.


Les 10 instructeurs interviennent en fonction de leurs disponibilités. Ce sont des pilotes  locaux, des anciens pilotes d'Air France notamment, mais aussi domiciliés ailleurs en France mais qui travaillent à Limoges, comme des pilotes de ligne de la compagnie Chalair pendant qu'ils sont disponibles.

Les élèves sont de tous les milieux et de tous les âges : lycéens, étudiants, actifs, retraités, hommes - femmes chefs d'entreprises, paysans, garagistes, chômeurs, des personnes qui veulent se reconvertir et en faire une carrière professionnelle.

Il y a deux ans, Pascale Rautenbach, 56 ans, s'est lancée dans une formation de pilote. De tout temps attirée par le pilotage, ses proches lui ont offert plusieurs baptêmes de l'air. Autant d'occasions qui ont renouvelé son plaisir de voler. Un stage professionnel en géo-politique sur une base aérienne a été un pas de plus vers ce défi qu'elle s'est finalement lancé : obtenir son brevet de pilote.
 

C'est pas facile de se sentir à l'aise dans le ciel mais très vite je me suis rendue compte que j'adorais ça. Bien sûr il y a des moments de stress mais j'ai la chance d'avoir un instructeur patient, rassurant. Mon premier solo, réussi, a été une vraie récompense. Je partage avec d'autres amis pilotes, c'est extra de naviguer en une demi-journée vers Belle-Ile ou l'île d'Yeu, mais pour l'instant il nous faut nous montrer patients. Deux mois d'arrêt, c'est perturbant, on se sent un peu nerveux au premier vol, mais après le second, la confiance revient grâce à l'accompagnement mis en place par l'aéroclub.
 

Une reprise accompagnée


Depuis le 14 mai - retour d'une météo clémente après l'annonce du déconfinement - les vols sont à nouveau possibles à l'aéroclub Limoges-Bellegarde, mais uniquement pour ses membres pilotes et élèves. Les mesures sanitaires excluent encore la possibilité de réserver aux pilotes extérieurs au club ou aux personnes accompagnantes.
 
Pourtant il fait bien chaud dans le cockpit !
Pourtant il fait bien chaud dans le cockpit ! © Aéroclub Limoges-Bellegarde

Le retour aux manches ne va pas de soi, comme le souligne Pascale Rautenbach, élève-pilote. L'aéroclub a donc mis en place un accompagnement systématique par un instructeur, pour une reprise en toute sécurité, technique et sanitaire.

Le Président Guy Costa prend actuellement contact avec l'ensemble des membres pour savoir si tous sont prêts à reprendre de l'activité, et si ce n'est pas le cas, pour en connaître les raisons.
 

Une navigation à moins de 100 km


Pour l'instant, les vols sont limités à la règle des 100 km à ne pas dépasser. "Il ne faudrait pas que celà dure trop longtemps", souligne Delphine Lemain, chargée d'exploitation à l'aéroclub
 

L'activité tourisme de l'aéroclub n'a donc pas démarré. Or, en temps normal, beaucoup réservent des avions pour atteindre la Rochelle, la Corse ou les îles britanniques.


Mais le plaisir ne manque pas, même à moins de 100 km, comme le souligne le club sur la page de son réseau social.
 
Le club reste donc dans l'attente des nouvelles directives, notamment de réouverture des frontières. C'est encore l'inquiétude de Guy Costa, président de l'aéroclub Limoges-Bellegarde
 

Déjà qu'au sein d'un État, les ministères ne sont pas toujours cohérents, nous avons par exemple eu très vite une position claire du ministère des sports mais nous attendons toujours celle du ministère des transports, alors entre la France et la Grande-Bretagne, on ne peut qu'être dubitatifs.


Or, cette réouverture des frontières est une condition au bon équilibre économique du club. "Tout comme la réussite du déconfinement", souligne Guy Costa
 

Réservations en ligne aussi du côté de l'aéroclub de Brive


Les 3 avions de l'aéroclub de Brive, situé à l'aéroport de Brive-Souillac Vallée de la Dordogne sur la commune de Nespouls, ont également repris du service. La centaine de membres a désormais accès aux plans de vols, en aviation légère - 2 Cessna - et en voltige. En revanche, toujours pas de baptême de l'air possible. La liste de demandes s'allonge. L'aéroclub reprendra contact avec les nombreuses personnes qui en sollicitent.

Comme à Limoges, l'appui est mis sur les règles de sécurité. Ici aussi, un accompagnement personnalisé a été mis en place. Une procédure comprise par les membres du club.

Les réservations se font en ligne. Le planning se remplit. Nicolas Cheylat, pilote-instructeur, est confiant pour cette reprise :
 

L'envie est là. Nous sommes des passionnés donc le ciel nous a beaucoup manqué. Il ne faudrait pas qu'une situation économique difficile s'installe. On pourrait le ressentir au club. Mais pour l'heure, nous n'avons pas de raison de croire à une réelle reprise de l'activité de loisir. 



 
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