Baisse inquiétante du nombre de donneurs de sang en Limousin

La crise sanitaire a un impact important sur les réserves de sang, indispensables à la prise en charge de nombreux patients. Il faudrait 800 dons par semaine dans la région ; en cette fin septembre, le compte n’y est plus.
 

Il y a de la place pour les donneurs à l'Etablissement Français du Sang.
Il y a de la place pour les donneurs à l'Etablissement Français du Sang. © France 3 Limousin
La situation est "extrêmement inquiétante" selon François Toujas, président de l’Etablissement français du sang (EFS). Il appelle à donner son sang "d’urgence" : "Nous délivrons plus que ce que nous collectons, et les réserves baissent." Un constat partagé dans la région. Selon Colette Dupic, de l’EFS de Limoges, "la situation est inédite, on a jamais vu un seuil aussi bas".

 

Difficultés pour les collectes



Plusieurs causes sont à l’origine de ce phénomène. La principale, c’est la difficulté d’organiser de collectes.

Si l’EFS se rendra le 29 septembre à l’IUT de Limoges, beaucoup de collectes sont annulées dans le milieu universitaire. Il n’y a plus de locaux adaptés, ou les cours sont organisés en visioconférence.

Pour une conserver une collecte à la Faculté de sciences, l’EFS va tenter de faire venir dans ses murs les étudiants. Mais Colette Dupic fait un constat : "Sensibiliser à distance, ce n’est pas évident".

Même problème dans les entreprises. Un industriel du nord de Limoges a par exemple dû étirer le self des salariés sur de nouveaux espaces, pour respecter les mesures barrières à la cantine. Il n’y a plus de place pour les dons du sang.

Dans les lycées, toutes les collectes sont actuellement suspendues.

 

Des donneurs plus frileux



Les donneurs les plus jeunes sont actuellement difficiles à mobiliser dans les universités et sur leurs lieux de travail, mais les donneurs plus âgés sont aussi moins nombreux.

En cause, forcément, un profil plus à risque face à l’épidémie, et parfois une crainte d’être contaminé en allant donner son sang.
Colette Dupic rassure : "On ne peut pas attraper le virus en donnant son sang car il ne se transmet pas par le sang. Toutes les mesures de sécurités sont évidemment respectées".

 

Des besoins toujours importants



Après la période estivale, les opérations chirurgicales dans les hôpitaux reprennent, et la rentrée est traditionnellement une période de forte demande.

Un phénomène accentué par le report de nombreuses opérations pendant le confinement. Leur nombre augmente aujourd’hui.

 

Une véritable urgence



L’EFS prépare et fournit aux hôpitaux ce qu’on appelle des produits sanguins "labiles", c’est-à-dire issus d’un don de sang et destinés à être transfusés à des patients.

La durée de conservation de ces produits n’est pas infinie.

D’abord, il y a les concentrés de plaquettes, qui permettent d’arrêter les hémorragies. Leur validité est seulement de 7 jours.

Ensuite, les concentrés de globules rouges, pour les chirurgies. Ils sont conservés 42 jours.

Enfin, le plasma thérapeutique, pour soigner les grands brûler ou fabriquer des médicaments, se conserve 1 an après le prélèvement.

Habituellement, les réserves nationales permettent de tenir 14 jours. Actuellement, on en est à 9 jours, et le chiffre baisse constamment avec l’accumulation des annulations de collectes.

 

Paroles de donneurs



A l’EFS de Limoges, ce mercredi 23 septembre, plusieurs donneurs sont présents pour donner leur sang.
 
Christelle, Hortense et Clémence étaient aujourd'hui mobilisées.
Christelle, Hortense et Clémence étaient aujourd'hui mobilisées. © France 3 Limousin

Hortense est une donneuse habituelle, mais qui n’était pas venue depuis quelque temps. C’est un ami dentiste qui lui a parlé de la pénurie actuelle, l’incitant à venir donner.

Christelle a été appelée par l’EFS. Cette infirmière est une donneuse convaincue : "Je transfuse souvent, et je mesure pleinement la nécessité des dons de sang. Je me suis dit : il faut que j’y retourne."

Clémence a reçu plusieurs SMS de l’EFS pour donner, car son profil est particulièrement recherché : "Je suis du groupe O négatif, je suis donneuse universelle…". Elle regrette l’absence de collectes actuellement à l’Université : "Quand on ne voit pas de collectes à la fac, on n’y pense plus."

 

Comment agir ?



L’EFS lance évidement un nouvel appel au don.

La carte des collectes est disponible en ligne, et l’EFS le plus proche de chez vous sera ravi de vous accuillir…



 
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