Rien ne va plus chez les girondins

Une défense qui implose, une infirmerie qui déborde et finalement une bagarre qui débouche sur deux "mises à pied sine die" : rien ne va plus depuis deux semaines à Bordeaux, en perdition et sans ressort apparent. 

L'élimination de la Coupe de France par Nantes mercredi soir plombe un peu plus le moral du club. Et la mise à pied de Prior et Sané, après leur bagarre dans les vestiaires, reflète l'ambiance.

Le jeune gardien bordelais, n'a pas apprécié les erreurs des deux défenseurs centraux et les deux marquages oubliés en fin de prolongation qui ont coûté au club sa qualification.

L'échange, d'abord verbal puis violent (le service de sécurité du club a dû intervenir pour les séparer et Sané avait un bandage à la main jeudi) a été qualifié "de cas isolé, pas si rarissime que ça dans un vestiaire" par l'entraîneur Willy Sagnol soucieux de jouer l'apaisement. 

Le plus jeune effectif du championnat


L'effectif bordelais, devenu le plus jeune d'Europe à l'issue du mercato de janvier suite aux signatures de
Bernardoni, du Brésilien Malcom (18 ans), et de l'Uruguayen Mauro Arambarri (20 ans), est-il capable de rebondir à très court terme ? 

Les girondins étaient pourtant remontés à la 7e place de la Ligue 1 après une série de onze matches sans défaite en décembre et janvier. Mais depuis la blessure de Carrasso les lourdes défaites se succèdent. 16 buts encaissés en cinq matchs...Et voilà les Girondins retombés dans la crise, en faillite défensivement.

Face à l'accumulation de blessures depuis trois mois dans le secteur défensif (Nicolas Pallois, Pablo, Lamine Sané, Milan Gajic), Willy Sagnol a été obligé de bricoler avec cette ligne improbable composée d'André Poko (milieu de formation) à droite, Frédéric Guilbert et Cédric Yambéré (un latéral et un milieu défensif de formation) dans l'axe, et Diego Contento à gauche, qui a tenu la baraque pendant plusieurs semaines. 

Mais à force d'enchaîner les matches, les suspensions, cet édifice a manqué de souffle, puis a volé en éclats.

L'arrivée de l'expérimenté Mathieu Debuchy à droite a apporté quelques garanties, le retour dans l'axe de Sané, qui n'a pas réussi à partir lors du mercato comme il le souhaitait, beaucoup moins. En atteste ses deux dernières sorties sous le maillot bordelais (1-5 à Lille en Coupe de la Ligue, 3-4 contre Nantes en Coupe de France) avec... Prior à chaque fois comme gardien derrière lui. En fait, les Girondins paient une cure de jouvence, associée à un roulement à grande échelle (37 joueurs utilisés cette saison).

Depuis le départ de Laurent Blanc en 2010, Bordeaux souffre d'un manque flagrant de leadership et hormis le Tchèque Jaroslav Plasil, Sagnol ne peut s'appuyer sur les autres cadres présumés du vestiaire, soit blessés (Carrasso, Pallois, Grégory Sertic), en méforme et désormais exclu (Lamine Sané) ou partis en janvier (Henri Saivet, Wahbi Khazri).

Réagir


Inquiétant pour la fin de la saison? "Maintenant, il faut réagir, comment, je n'en sais rien", expliquait le président Jean-Louis Triaud mercredi soir. "Ça devient contrariant. Il va falloir que les joueurs aient les ressources mentales pour changer."

A la 11e place avec 33 points à 13 journées de la fin du championnat de France de L1, il ne manque qu'une dizaine de points aux Bordelais pour assurer le maintien, stopper l'hémorragie et éviter ainsi une catastrophe industrielle. 

Il faudra donc réagir samedi à Guingamp lors de la 26ème journée.

Les girondins quittent la coupe de France éliminés par Nantes mercredi soir (4 buts à 3) à l'issue des prolongations. Très énervés, plusieurs joueurs en sont ainsi venus aux mains et il a fallu l'intervention de membres de la sécurité du stade pour ramener l'ordre