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Boues rouges : Ségolène Royal "désapprouve" l'autorisation des rejets dans les Calanques

Ségolène Royal a "désapprouvé" mardi la décision d'autoriser le rejet de boues rouges dans le Parc national des Calanques (Bouches-du Rhône), annoncée par le préfet de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Une partie du Parc national des Calanques au large de Marseille
Une partie du Parc national des Calanques au large de Marseille © AFP

L'ordre est venu du Premier ministre au préfet, direct".
Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie.


"Je désapprouve cette décision, je n'ai pas du tout changé d'avis, je pense que c'est une mauvaise décision qui est essentiellement suscitée par le chantage à l'emploi", a-t-elle ajouté. Le préfet a autorisé la poursuite d'activité de l'industriel Altéo et le rejet en mer, pour 6 ans, d'effluents résultant de la production d'alumine, en plein coeur du Parc national des Calanques. Plusieurs associations de défense de l'environnement et de riverains dénoncent la toxicité de ces boues rouges.

Pour Ségolène Royal, "il aurait fallu avoir le courage d'imposer à l'entreprise une mutation du site et une dépollution". "Là, l'entreprise a obtenu une dérogation pour continuer à polluer", a-t-elle ajouté, espérant "qu'il y aura des recours pour que toute la clarté soit faite". Les défenseurs de l'environnement craignent que cette nouvelle autorisation de rejet ne remette en cause le statut même du Parc national des Calanques, une aire de protection créée en 2012.

Altéo affirme avoir amélioré son procédé de production et ne plus avoir besoin de déverser des rejets solides, les boues rouges,  mais uniquement des effluents liquides.

Les dernières enquêtes de l'Anses (Agence française de sécurité alimentaire et sanitaire) publiées il y a quelques jours ont montré qu'à l'endroit des rejets, il y avait une contamination beaucoup plus forte, notamment en mercure. "Une pollution "dangereuse pour la santé" pour Ségolène Royal.

L'entreprise bénéficie "d'exonérations de paiement des taxes de pollution", ce qui représente "un cadeau de dix millions d'euros tous les ans", ainsi que de subventions publiques, a-t-elle fait valoir. Par ailleurs, à la Conférence de Paris sur le climat (COP21) qui s'est tenue il y a quelques semaines, "on a fait inscrire un sujet sur l'océan, on a posé la problématique de la gravité des pollutions dans la mer", a rappelé la ministre.
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