Candidature de François Fillon : défections et interrogations chez Les Républicains de la région

François Fillon en meeting à Nîmes le 2 mars 2017. / © Maxppp
François Fillon en meeting à Nîmes le 2 mars 2017. / © Maxppp

Les défections dans le camp Fillon se sont multipliées ce vendredi parmi les parlementaires et élus du Poitou-Charentes. Le premier a annoncé sa démission de l'équipe de campagne a été, le député de Charente-Maritime et président du conseil départemental, Dominique Bussereau.

Par C. Hinckel et C.Massé avec AFP

Dominique Bussereau a annoncé sa décision par un tweet peu après midi après l'annonce faite par des proches d'Alain Juppé que le maire de Bordeaux "ne se défilera en cas de retrait de Fillon" et après la publication d'un sondage Odoxa pour France Télévisions indiquant qu'Alain Juppé arriverait en tête au second tour et éliminerait Marine Le Pen au 1er tour.

"Il faut prendre ses responsabilités et changer de cap" juge Dominique Bussereau ajoutant qu'aujourd'hui "il ne sent plus capable d'être aux côtés de François Fillon" dans cette campagne.
D.Bussereau : "la situation n'était plus tenable"
Dominique Bussereau, député de Charente-Maritime et président du conseil départemental Interview réalisé par France 3 Atlantique.
Dominique Bussereau refuse en revanche l'idée d'un "coup d'état" contre François Fillon mais appelle le candidat de la droite à la raison. Le député LR souhaite "un passage de témoin qui se ferait non pas dans l'humiliation pour François Fillon mais dans un choix raisonnable et raisonné".
D.Bussereau : pas d'humiliation pour François Fillon"
Dominique Bussereau, député LR de Charente-Maritime et président du conseil départemental
D'autres élus LR de Charente-Maritime ont suivi Dominique Bussereau et ont également annoncé leur décision de ne plus soutenir François Fillon. La sénatrice Corinne Imbert a été la première. Elle indique dans un communiqué qu' "aujourd'hui, François Fillon n'est plus en mesure de rassembler les Français pour porter les valeurs de la droite et du Centre à l'élection présidentielle". "Il a suffisamment dit qu'il se retirerait s'il était mis en examen pour qu'il se retire aujourd'hui" ajoute-t-elle.
Jean-Louis Léonard, maire de Châtelaillon-Plage, et Daniel Laurent, lui aussi sénateur de Charente-Maritime ont égalementfait savoir qu'il ne soutenaient plus la candidature de François Fillon.

Le silence de Jean-Pierre Raffarin

Pour l'instant, l'hémorragie dans le camp Fillon semble circonscrite au département de Charente-Maritime en ce qui concerne les élus les plus connus.
Poids lourd de la droite dans la région, Jean-Pierre Raffarin a fait savoir ce matin qu'il ne souhaitait pas s'exprimer et affiche sur son compte twitter qu'il est toujours campagne pour François Fillon dans la Vienne.
Soutien au candidat légitime, c'est la ligne affichée dans le département de Jean-Pierre Raffarin, sénateur de la Vienne. Olivier Chartier, le patron Les Républicains, reste lui aussi sur cette ligne de conduite. Pas de défection, on soutient le candidat légitime mais cette légitimité pourrait évoluer. Olivier Chartier lui aussi évoque la possibilité d'un "passage de témoin" et souhaite comme Dominique Bussereau qu’il se fasse alors le plus sereinement possible et à la seule condition que l'initiative soit prise par François Fillon et que "l'unité et le rassemblement" soient respectés.
Olivier Chartier (LR 86) soutiendra le "candidat légitime".

Un week-end déterminant

Reste que la situation dans le camp des Républicains pourrait évoluer rapidement En fin de matinée, Gérard Larcher, président du Sénat, et Bernard Accoyer, secrétaire général du parti  Les Républicains, ont rencontré Nicolas Sarkozy, afin de réfléchir à la manière dont il faudrait "s'organiser très vite", en cas de retrait de François Fillon. Nicolas Sarkozy s'était également entretenu par téléphone dans la matinée avec François Fillon. Le week-end pourrait être déterminant.

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