Déconfinement. Le grain de sable des plages... interdites

Le Premier ministre a annoncé mardi 28 avril à la tribune de l’Assemblée Nationale dans son discours sur le déconfinement que l’accès aux plages restera interdit au moins jusqu’au 1er juin. Pourquoi ? Pourquoi interdire les grands espaces ?

© Frédéric Cartaud - France Télévisions
Nous allons essayer de vous apporter des éléments de réponses en Charente-Maritime, un département qui compte 460 kilomètres de côtes bordant l'océan Atlantique, dont 150 kilomètres de plages.

Avec sa plage de 6 km de long, la commune de Grand Village, sur l’île d’Oléron peut-elle être comparable aux plages urbaines de La Rochelle ? Pourtant, ici comme sur les autres communes de littoral français, l’accès aux plages est toujours interdit et le sera pour plus d’un mois encore.
"C’est vrai que c’est l’incompréhension totale", admet Patrice Robillard, le maire de Grand Village. "On ne s’attendait pas à ça. Je comprends que pour une plage urbaine comme Biarritz, c’est compliqué. Mais pas chez nous. L’intérêt d’une région touristique comme la nôtre, c’est les balades à vélo, la plage et les restaurants. On nous retire les deux derniers sans être sûr de pouvoir faire du vélo, puisqu’on ne sait pas si l‘interdiction concerne aussi la forêt domaniale".

On ne comprend pas bien pourquoi les plages sont fermées

Même son de cloche chez Stéphane Villain, président du réseau national des destinations touristiques de France, vice-président du conseil départemental de Charente-Maritime et président de Charente Maritime Tourisme. "Je ne comprends pas très bien pourquoi les plages sont fermées. Sûrement parce qu’elles concentrent potentiellement du monde à un endroit précis. Mais on ne gère bien que quand on gère de près. L’Etat devrait donner aux maires le pouvoir de décider de l‘ouverture ou non des plages de leur commune. Ici, à Châtelaillon, ça ne poserait aucun problème".
Même discours du côté des Mathes-La Palmyre, commune située en pleine côte sauvage. "Avec plus de 10 km de plages, on aimerait ici davantage de souplesse gouvernementale". Jean-Pierre Caron, premier adjoint au maire, admet que, sous certaines conditions, il serait plutôt favorable à la réouverture des plages. D’autant que la surveillance efficace des plages est assez compliquée, ajoute-t-il.
© Frédéric Cartaud - France Télévisions


Faut-il préparer un guide des plages ?

En Charente-Maritime, on pense d’ailleurs déjà à l’après 1er juin. "Nous sommes en train de réfléchir pour mettre en place à ce moment des saisonniers qui feraient respecter avec le sourire les règles sanitaires aux gens. Ce serait en quelque sorte des guides de plages", précise Stéphane Villain.
Mais de nombreuses questions restent encore sans réponse : est-ce que les promenades littorales, jusqu’ici interdites d’accès, seront ouvertes au 1er juin ? Les maires des communes du littoral auront-il le droit de rouvrir les fronts de mer ? Les propriétaires des résidences secondaires (95.000 rien qu’en Charente-Maritime) pourront-ils venir même s’ils habitent à plus de 100 km ? 
"C’est le flou artistique", s’agace Stéphane Villain. "On demande que ce flou soit levé et qu’on puisse décider par nous-même, en relation avec la préfecture, les mesures d’allègement du confinement". Et le président de Charente Maritime Tourisme de prévenir "si on ne peut pas accéder aux plages cet été, ce ne sera pas la peine de rouvrir les commerces".

CARTE. Grand Village - Île d'Oléron (Charente-Maritime)

 

Dernière minute
Alain Rousset, le président de la région nouvelle Aquitaine, a regretté dans une interview donnée cet après-midi à nos confrères de La Charente Libre que le GIP littoral ne soit pas dans la boucle sur une réflexion de l’ouverture des plages. Et d’ajouter que le Premier Ministre n’a pas cité une seule fois hier les régions dans son discours sur le déconfinement. Pour rappel, La Nouvelle Aquitaine possède 720 km de plages.
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