Cet article date de plus de 3 ans

La fièvre monte à l'hôpital de Rochefort

Il y a quinze jours médecins et personnels des urgences de l'hôpital de Rochefort lançaient un mouvement inédit de grève illimitée suite à la fermeture de 15 lits en chirurgie. Ce matin, les grévistes avaient donné rendez-vous aux usagers sur la place Colbert, en plein centre-ville de Rochefort.
© Yann Salaün - Francetv
Comment faire grève tout en continuant à travailler ? Éternel dilemme des personnels hospitaliers.

Ce matin, place Colbert, les médecins sont venus au plus près des usagers pour les sensibiliser.

© Nadine Pagnoux-Tourret - Francetv

Sous la pression des grévistes, des personnels occasionnels ont été recrutés mais aucune solution perenne n'est pour l'heure envisagée, comme l'indique Antoine Depelchin, médecin urgentiste :

Il y a tellement de monde en ce moment que, non seulement on attend avant de monter dans un service d'hospitalisation, 12 heures, 24 heures, parfois 48 heures. Toute la chaîne est retardée. Je ne parle pas des urgences vitales bien sûr.


"Depuis le 1er janvier 2018, plus de 128 patients ont dû être hébergés, faute de lits disponibles, sur des brancards dans des conditions indignes et pouvant être qualifiées de maltraitantes" .Une situation intenable pour les professionnels mais qui inquiète aussi les usagers. Une pétition en ligne a déjà recueillie près de 15 000 signatures. Et pourtant, en quelques années, à force de réorganisations, le déficit de l'hôpital est passé de 9 à 3 millions d'euros. Alors, et si c'était le prix à payer ? Question éminemment politique, posée à Hervé Blanché, maire (LR) de Rochefort :

Est-ce qu'on est capable d'accepter un déficit dans l'intérêt du citoyen, de la population ? L'acte médical peut coûter cher mais est-ce que ce n'est pas le prix à payer pour que la santé soit la priorité ?


Propos repris par Vincent Lethuillier, infirmier à l'hôpital : 

L'hôpital n'est pas une entreprise rentable. Soigner ça coûte et ça rapporte rien. C'est un choix politique et un choix de société à assumer


La grève continue jusqu'au 24 avril prochain, date d'une nouvelle réunion avec la direction.
Si rien ne bouge, 9 des treize médecins urgentistes de l'hôpital menacent de poser leur démission.

Le reportage à Rochefort de Yann Salaün et Marc Millet

Opération grogne a l'hôpital de Rochefort



Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société grève économie social