L'île d'Oléron, nouvel eldorado de la pétanque

Plus de 300 amateurs ont participé à la première édition du trophée Camp'IO à La Brée-les-Bains. Un tournoi qui avait invité des grands noms de la discipline comme les champions du monde Philippe Quintais ou Julien Lamour.
Amateurs et champions du monde s'étaient donnés rendez-vous sur l'île d'Oléron.
Amateurs et champions du monde s'étaient donnés rendez-vous sur l'île d'Oléron. © M. Nadal - France Télévisions

Certains sont venus de loin et avaient même réservé spécialement leur semaine de vacances pour l'événement. Depuis le début de la semaine, des épreuves de qualification se sont tenues dans une quinzaine de campings de l'île. Les heureux élus avaient donc l'insigne honneur de se retrouver sous un miraculeux soleil sur le boulodrome des Boulassiers de la commune de La Brée. Et ce sont pas moins de six professionnels de renom qui les attendaient pour disputer, en toute amitié, ce trophée Camp'IO (IO pour île d'Oléron, pour ceux qui n'ont jamais passé le pont).

"On est assez fort, on a inventé le beau temps !", rigole Patrick Monnereau qui cumule les casquettes de premier adjoint du village et d'administrateur du club Oléron Pétanque Elite. En invitant des légendes de la discipline et en leur demandant de venir se mêler en toute simplicité aux amateurs, les Oléronnais étaient sûrs de marquer des points. "Si je dis que La Brée est la capitale mondiale de la pétanque, mes collègues vont dire que je prends le melon !", plaisante Patrick, "alors que ce n’est pas le cas, nous restons à notre petit niveau dans notre petite commune mais avec beaucoup de bien-être. Grâce à des gens comme Philippe Quintais qui est le plus bel ambassadeur que la pétanque ait pu avoir, Philippe Suchaud également, mais aussi les plus jeunes Damien Hureau, Julien Lamour, Puccinelli qui vient de gagner La Marseillaise ; c’est des gens qui ont un impact, qui ont une image même chez les jeunes, même chez les femmes, c’est un sport qui réunit tout le monde".

Philippe Quintais a arrêté sa carrière internationale en 2004, mais il reste une légende de la pétanque.
Philippe Quintais a arrêté sa carrière internationale en 2004, mais il reste une légende de la pétanque. © M.Nadal

Philippe Quintais, anciennement licencié à Saint-Pierre d'Oléron, et son compère Philippe Suchaud alignent treize titres de champions du monde ! Et ce matin, ils animaient des ateliers de pratiques avec les vacanciers, en toute humilité. C'est ça, l'esprit de la pétanque. "Le but, c'est d'abord d'amuser un peu les gens", nous confie Quintais, "et ça leur permet de jauger un peu leur niveau de précision. On a des gens qui jouent très peu et qui sont doués et à l'inverse, on a des gens qui jouent régulièrement et qui malheureusement ne progresseront jamais. Ça nous permet de découvrir des talents dans ce genre de manifestations".

"Côtoyer des champions du monde, c’est toujours intéressant", confirme Michel Bezaud, bouliste amateur, "pour moi, ça a été utile, par exemple, pour le tir ; au lieu de tourner le poignet, de tirer droit et plus en cloche... C’est sûr, c’est de la technique. Quand on est bon, on est bon mais là, c’est nettement la classe au-dessus !"

Le temps d'une journée, les amateurs se sont frottés au gratin de la pétanque française.
Le temps d'une journée, les amateurs se sont frottés au gratin de la pétanque française. © M. Nadal - France Télévisions

La Fédération Française de Pétanque et de Jeu Provençal compte aujourd'hui plus de 300.000 licenciés et près de 6.000 clubs. De plus en plus médiatisé, notamment à la télévision, ce sport a sérieusement gagné en crédibilité ces dernières années. Malheureusement pas assez pour figurer comme nouvelle discipline aux JO de Paris en 2024. Mais les professionnels ne désespèrent pas.

Julien Lamour, champion du monde 2005.
Julien Lamour, champion du monde 2005. © M. Nadal - France Télévisions

En attendant Julien Lamour a répondu présent pour ce premier trophée Camp'IO. "La pétanque, c’est le seul sport où tu peux jouer contre un champion du monde même si tu es vraiment amateur", explique le champion du monde 2005, "au tennis ou au foot, c’est impossible. C’est toujours sympa de venir jouer avec des amateurs dans un contexte vacances, ça change des compétitions où il y a toujours un peu de pression, de stress, pour nous, c’est bien".

En attendant la deuxième édition du trophée l'année prochaine, l'Oléron Pétanque Elite réfléchit déjà au travail qui reste à faire pour s'ouvrir au plus grand nombre. Des animations scolaires, des formations de moniteurs et des compétitions toujours plus relevées ; tirer ou pointer, mais jouer encore et toujours.

 

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