Coronavirus. Les hospitaliers sont sacrifiés selon Sud Santé La Rochelle

Dans une lettre ouverte adressée au directeur du Groupe hospitalier Littoral Atlantique, qui regroupe notamment les hôpitaux de La Rochelle et Rochefort, le syndicat Sud-Santé accuse la direction de "sacrifier le personnel de santé" faute de matériel.

Une infirmière de l'hôpital de La Rochelle portant un masque chirugical.
Une infirmière de l'hôpital de La Rochelle portant un masque chirugical. © Sud Santé
A La Rochelle, Sud Santé est très en colère. Le syndicat a adressé ce dimanche, une lettre ouverte au directeur du Groupe hospitalier Littoral Atlantique*, pour le sommer de protéger le personnel.

Il n’est pas possible pour nous de valider ou d’être le complice, même critique, de la manière dont sont sacrifiés les hospitaliers dans notre établissement. Depuis le début de la crise Covid-19, vous mettez les hospitaliers en danger, en partie faute de matériel à leur fournir pour travailler en sécurité.
- Christophe Geffré, élu Sud au CHSCT

Christophe Geffré, élu SUD au CHSCT et membre du conseil de surveillance de l’hôpital de La Rochelle, se dit abasourdi et surtout inquiet.

La direction parle de masques, c'est un peu comme si vous disiez, on a assez de pneus, sans dire qu'ils sont crevés. Ils parlent de masques mais ce sont des masques chirurgicaux qui ne protègent pas. Il y a déjà une contamination dans un service de l'hôpital de La Rochelle,
Christophe Geffré, élu Sud au CHSCT

Des salariés "effrayés, en panique"

Selon le syndicat, l'établissement a pourtant engrangé des bénéfices de plusieurs millions d’euros depuis 2004. "Le manque de stock de matériel n'est pas dû au manque d'argent" estime l'élu du CHSCT qui déplore un vent de panique parmi les soignants.

On envoie le personnel jouer à la roulette russe, il faut que la direction arrête de dire qu'il y a suffisament de matériel, on a demandé un chiffrage des soignants contaminés mais ils ne sont pas testés. Nous, on reçoit des dizaines de coups de fils par jour de salariés effrayés parce qu'ils ne sont pas protégés. On est envahis d'appels de gens qui sont en panique.

Sud Santé exhorte par ailleurs le maire et les élus à lancer un appel aux entreprises de la région pour qu'elles produisent des masques, des visières, des respirateurs, des blouses de protection. 

On a des collègues Sud qui ont été infectés, on fait travailler des gens sans protection, les collègues ne changent pas de blouses tous les jours, on manque de charlottes, de lunettes de protection, de surchaussures,
Christophe Geffré, élu Sud au CHSCT

La réaction du groupe hospitalier

De son côté la direction assure avoir toujours suivi les recommandations nationales et avoir préparé son établissement à faire face à l’épidémie du Covid-19. Dans un communiqué, le Groupe Hospitalier Littoral Atlantique a réagi à cette lettre ouverte en détaillant la doctrine du groupe hospitalier concernant les ports des masques chirurgicaux et FFP2 depuis la crise sanitaire (voir encadré).

*Groupe Hospitalier de La Rochelle-Ré-Aunis ,Centres Hospitaliers de Rochefort et de Marennes.
 
La doctrine de port du masque (masque chirurgical et masque FFP2) mise en place au sein du Groupe Hospitalier Littoral Atlantique.
Pour les personnels soignants des services MCO/SSR hors zone COVID 19 : 2 masques par jour.
Pour les professionnels exerçant dans les zones COVID : utilisation des masques dans le respect des bonnes pratiques.
Pour les personnels circulant dans les locaux hors zone COVID (brancardiers, diététiciennes, psychologues, assistantes sociales, ASH, coursiers…) et les personnels d’accueil : 1 masque par jour.
Pour les personnels des EHPAD, USLD, Psychiatrie, laboratoires, pharmacie : 1 masque par jour.
Pour les personnels administratifs ou isolés dans leur bureau : 1 masque à porter lorsqu’ils circulent ou en présence d’autre(s) personne(s).
Le masque FFP2 est lui réservé aux zones COVID pour les soins rapprochés. Sont ainsi concernés les gestes à haut risque de production d’aérosols de sécrétions respiratoires : Intubation, extubation. Fibroscopie bronchique.Ventilation non invasive / Ventilation artificielle au BAVU. Trachéotomie.
Mais aussi pour les gestes à moindre risque de production d’aérosols : Prélèvements respiratoires. Aspiration trachéale. Kinésithérapie respiratoire.
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