Coronavirus. Un pêcheur de La Rochelle continue de travailler en mer malgré la chute des cours

Depuis le début de la crise sanitaire, les cours du poisson ont chuté. En Charente-Maritime, certains marins pêcheurs sont repartis en mer comme le patron du Flipper, actuellement en pleine campagne de seiches comme chaque année au mois d'avril.
L'équipe du Flipper lance ses filets sur le plateau d'Aytré près de La Rochelle.
L'équipe du Flipper lance ses filets sur le plateau d'Aytré près de La Rochelle. © Laurence Couvrand, FTV
Beau temps et brise de sud, Le Flipper s'apprête à larguer les amarres en ce 20e jour de confinement. A la barre, Pascal Henaf va prendre la mer malgré la crise sanitaire engendrée par le Covid-19, en dépit aussi de l'effondrement des prix dû en partie à l'arrêt de l'exportation.
Le Flipper prêt à larguer les amarres.
Le Flipper prêt à larguer les amarres. © Laurence Couvrand, FTV
Comme chaque année au mois d'avril, ce patron de pêche réalise près de 20% de son chiffre d'affaires avec la campagne de seiches. Pas question de rester à quai même si ce dimanche, beaucoup de marins ont renoncé à naviguer en raison d'une chute des cours du poisson.
La Pêche à la seiche a débuté le 20 mars pour Pascal Henaf.
La Pêche à la seiche a débuté le 20 mars pour Pascal Henaf. © Laurence Couvrand, FTV

On a l'océan pour nous tout seul, les plaisanciers n'ont pas le droit de sortir en mer, on n'en croise pas d'ailleurs, quant aux professionnels, certains restent chez eux car le poisson se vend moins cher, d'habitude on est trois bateaux à travailler ici ensemble,
-Pascal Henaf, patron pêcheur.

En ce dimanche matin, le soleil n'est pas encore levé lorsque le fileyeur met le cap sur le plateau d'Aytré à quelques encâblures de La Rochelle. Comme Pascal Henaf, ils sont une trentaine de pêcheurs à pêcher la seiche, une campagne qui se déroule pendant plus d'un mois, au début de printemps. "La seiche se trouve à environ à trois, quatre mètres de profondeur"précise le patron du Flipper qui a l'habitude d'embarquer Julien Boursault, un jeune marin qui est récemment retourné sur les bancs de l'école pour suivre une formation de matelot. Ce dimanche, il démaille les seiches du filet.

Quand les seiches viennent pondre sur la côte en ce mois d'avril, elles font fuir les autres poissons, c'est pour cette raison qu'on ne trouve que cette espèce dans nos filets, 
-Julien Boursault, matelot.

Julien Boursault est matelot à bord du Flipper.
Julien Boursault est matelot à bord du Flipper. © Marc Millet, FTV
Depuis novembre, Julien assure la fonction de matelot à bord de ce bateau côtier. Malgré les mesures de confinement, il n'a pas renoncé à naviguer.

Moi, j'ai la chance de travailler, il faut s'estimer heureux. Je suis bien dehors, je n'aime pas être confiné,
-Julien Boursault, matelot.

De retour au port, l'équipage fait les comptes après avoir relevé une dizaine de filets, les bacs sont à peine remplis, avec 320 kilos, c'est une petite pêche et donc une petite recette pour Pascal et Julien. Ces derniers jours, les cours du poisson ont baissé, les ventes à destination de l'Italie et de l'Espagne sont à l'arrêt.

L'an dernier la seiche se vendait entre 3,50 € et 4 € le kilo. Lundi, elles devraient partir entre 2 et 3 € le kilo à la criée,
-Pascal Henaf, patron pêcheur.

Les cours ont chuté car habituellement une partie de la pêche est exportée en Espagne et en Italie. Depuis la crise sanitaire, ce n'est plus le cas.
Les cours ont chuté car habituellement une partie de la pêche est exportée en Espagne et en Italie. Depuis la crise sanitaire, ce n'est plus le cas. © Laurence Couvrand, FTV

Reportage de Laurence Couvrand, Marc Millet et Josiane Étienne : 


 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
covid-19 santé société pêche économie