De nombreux dons sauvent une exploitation de poules pondeuses à Marans

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Écrit par Mélanie Caron .

C'est la fin d'un calvaire pour l'exploitation l'Œuf de Marans, près de La Rochelle. Après l'abattage préventif de leur cheptel, à cause de la salmonelle, les aviculteurs peuvent relancer leur activité. L'achat des nouvelles poules a été financé grâce à une cagnotte en ligne.

Les poules sont enfin de retour dans l’exploitation l’Œuf de Marans. Après cinq mois sans aucun aucun piaillement ni battement d’ailes, 8.000 poules pondeuses ont rejoint leur nouveau foyer à Bellevue. Une bénédiction pour les gérants de cette ferme, installée depuis les années 60 à Marans, permise grâce au soutien de leurs proches, clients et donateurs via une cagnotte Leetchi lancée en avril dernier.

Deux cheptel abattus

La descente aux enfers a commencé en novembre 2020 pour la famille Petit. Eleveurs de poules rousses et poules de Marans en plein air, leur exploitation a été touchée de plein fouet par la salmonelle. "Puisqu’elles vivent dehors, les poules de plein air sont particulièrement exposées à cette maladie", explique Nicolas Petit. A ce moment-là, le prélèvement bactériologique, obligatoire sur l’exploitation toutes les 15 semaines, indique la présence de salmonelle dans les bâtiments accueillants le cheptel de 15.000 poules. Par précaution, toutes les bêtes doivent être abattues. Un crève-cœur pour ces exploitants, dont les ressources dépendent presque entièrement des œufs de leurs poules pondeuses.

Grâce à ces actions, on a réalisé à quel point nous étions soutenus.

Nicolas Petit, exploitant de poules pondeuses

La famille ne laisse pas tomber pour autant. Le couple réinvestit dans 11.300 nouvelles poules de Marans. Mais le sort s’acharne : en mars dernier, les prélèvements dans la ferme montrent à nouveau la présence de salmonelle, alors que le cheptel est confiné pour protéger les poules de la grippe aviaire qui sévit dans la région. Normalement, le risque de voir se développer la salmonelle dans de telles conditions est infime, mais les résultats sont sans appel. Il faut, encore une fois, se séparer des bêtes par mesure de précaution.

"Du jour au lendemain, il n’y a plus rien, plus aucune poule, c’est le silence total. C’est désespérant", déplore Nicolas Petit. Le silence, accompagné d’une perte financière très élevée. "Nous avons une indemnisation en fonction de l’âge de la poule au moment de son abattage, et une autre pour le nettoyage des bâtiments. Mais ça s’arrête là." Pendant cinq mois, donc, le couple voit son activité totalement à l’arrêt. Il faut désinfecter l’exploitation, gérer l’administration, attendre le feu vert des autorités sanitaires avant d’envisager la suite. "Cette fois, c’était plus rapide, nous savions ce que nous avions à faire", souligne le gérant de l’exploitation.

En mars dernier, la famille Petit a perdu 11.300 poules. Notre reportage vidéo : 

Malgré l’expérience acquise à leurs dépens, la famille est perplexe. Même avec les autorisations sanitaires nécessaires, ils n’ont plus les moyens d’investir dans de nouvelles bêtes. Alors, comment se remettre d’une telle situation ? Les exploitants avaient déjà dû se séparer de quatre employés lors du premier abattage et ne peuvent plus se verser de salaire. "C’était une période très compliquée. Nous n’étions pas sûrs de nous en sortir", avoue Nicolas Petit.

Objectif : 25 000 euros

Pendant que tous les bâtiments de la ferme passe sous les jets d’eau, des proches de la famille Petit lancent une cagnotte Leetchi. Objectif : 25 000 euros, le nécessaire pour acheter 5 500 poules rousses. Avec des dons d’internautes, mais aussi le soutien des clients de l’exploitation, la cagnotte dépasse les espérances.

Pendant trois semaines, le gérant des magasins Leclerc de Lagord et Sautel, où travaille à temps partiel Stéphanie, la femme de Nicolas Petit, met en place un système de donation en caisse. Le Super U de Marans et des magasins de producteurs du département, clients privilégiés de l'exploitation en circuit court, proposent leur aide.

"Grâce à toutes ces actions, on a réalisé à quel point nous étions soutenus", s’émeut le couple. Au total, les dons atteignent 28 000 euros. Ce sont donc 8 000 poules, dont 2 500 poulettes de Marans, qui permettront aux aviculteurs de se remettre sur pied. Les premières pontes ont eu lieu cette semaine. Le retour des ventes est, pour l’instant, programmé dès la semaine prochaine.

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