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Grande America : pour Isabelle Autissier, “ le problème, c'est le contenu des containers ”

Isabelle Autissier / © Xavier Leoty. AFP
Isabelle Autissier / © Xavier Leoty. AFP

L'ex-navigatrice, aujourd'hui présidente de WWF, nous fait part de ses craintes concernant le naufrage du navire italien Grande America. Il menace les côtes de Gironde et de Charente-Maritime. Pour elle, la priorité est de connaître précisément la nature des produits stockés dans les containers.

Par C.O

Alors que deux nappes d'hydrocarbures dérivent au large de nos côtes, l'urgence se fait sentir tant du côté des communes du littoral, que des pouvoirs publics ou des associations et même des professionnels de la mer. 

Le Grande America a coulé mardi, suite à un incendie à bord, à plus de 300 km à l'ouest de La Rochelle avec des matières dangereuses à bord et plus de 2 000 tonnes de fioul.

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" On va pouvoir commencer à pomper et mettre en place des barrages "

« Ça me fait comme à tout le monde, la question pollution est très sensible et on a sur nos côtes une longue histoire de ces questions. Ça fait toujours mal au cœur et ça pourrait être évité ", regrette Isabelle Autissier présidente de WWF France.


L'ex-navigatrice, installée à La Rochelle, rappelle néanmoins que " Cela fait un moment que ce n'était pas arrivé, car au niveau européen un certain nombre de mesures ont été prises". Pour autant, les nappes d'hydrocarbures sont bien là aujourd'hui et " Il faut tout faire pour se préparer à (leur) arrivée, le temps a l’air de s’améliorer donc on va pouvoir commencer à pomper et mettre en place des barrages"
explique Isabelle Autissier.

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" Là le problème, c'est le contenu des containers "

" Mais le problème, c'est le contenu des containers. Je n'en sais rien de plus, mais il serait de la responsabilité de l’affréteur de donner la nature de ce qu'il y a dedans. Certains containers, malheureusement, ont coulé au fond de l'eau », explique-t-elle.

C'est la raison pour laquelle contrairement à d'autres organisations, WWF France n'appelle pas les citoyens à se mobiliser sur les plages comme d'autres l'ont fait. " Je n'y suis pas favorable " explique Isabelle Autissier " WWF n'est pas sur ce terrain-là, ce n'est pas nous qui allons organiser avec les citoyens le ramassage avec des sacs-poubelles, notre rôle est de faire pression pour éviter ces incidents ". 

Je pense que, tant qu’on ne sait pas ce qu'il y a dans les containers, il faut faire attention car cela peut être toxique pour la santé humaine. C’est un élan de générosité, très bien, mais ce n'est pas le boulot du citoyen. Il faut faire pression sur les pouvoirs publics pour que les vrais professionnels fasse le boulot.

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" Tant qu’on n'agit pas sur les modèles économiques, on ne résoudra rien "

Pour Isabelle Autissier la législation a évolué et rend dissuasif tout dégazage au large des côtes.  "Ces dégazages se font quand il n'y a personne autour, pas de bateau". Aujourd'hui, ce sont "des comportements qui sont très surveillés par les pouvoirs publics, il y en a moins qu’avant car plane le risque de lourdes amendes grâce à la nouvelle legislation".  

Mais ici, il ne s'agit pas de dégazage. Le largage de ces nappes d'hydrocarbure est dû au naufrage de Grande America suite à un incendie.

"Là, c'est un accident, il faut savoir ce qu'il s’est passé,  pourquoi il y a eu cet incendie ?". 
"Les produits ont-ils explosé ? Y-a-t-il eu un court-circuit électrique ? Un départ de feu dû à une cigarette ? Il semblerait que cela provienne des containers que transportait ce bateau" dit-elle. 
L'ex-navigatrice va plus loin :

Il semblerait, je dis bien semblerait, que les accidents dus aux chargements soient fréquents (... ) Ça vaudrait le coup de se demander comment ils sont emballés, pourquoi on les transporte d’un bout à l’autre de la planète…


Pour elle,  " il y a des questions de fond, et tant qu’on n'agit pas sur les modèles économiques, on résoudra rien".

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