"On était quand même un peu inquiet du résultat" : sur l'île d'Aix, plus de poubelles dans les rues depuis trois ans

Depuis l'été 2021, l'île d'Aix a pris une décision radicale : supprimer les poubelles publiques pour limiter les quantités de déchets. L'enjeu est de taille, surtout en période touristique. Lors du viaduc de l'Ascension, la petite commune a accueilli 18 000 visiteurs. Quel est le bilan trois ans plus tard ? On fait le point.

Dans les rues de l'île d'Aix, au large de la Charente-Maritime, il n'y a plus aucune poubelle publique, et ce, depuis trois ans déjà. À l'été 2021, la petite commune de 175 habitants a en effet décidé de faire un grand pas dans la lutte contre les déchets. Lors des périodes de forte fréquentation touristique, ces poubelles débordaient souvent sous des quantités de détritus, déposés par des touristes peu précautionneux.

Depuis le retrait des poubelles, les quantités de déchets ramassées ont diminué de 10%. Pierre Sartoux, conseiller municipal en charge de l’urbanisme, voit la différence. "C'est plutôt positif, même si sur le coup, au moment de prendre cette décision, on était quand même un peu inquiet du résultat", retrace-t-il. "Surtout que c’est une démarche à contre-courant de ce qui se passe ailleurs. Globalement, dès la première année, on a vu tout de suite le changement, surtout au niveau de l'esthétique de la ville."

"C'est comme en montagne."

L'île, accessible uniquement par bateau depuis Fouras, est un "cul-de-sac", selon les mots de l'élu. Une situation qui favorise l'entassement des déchets car "les personnes arrivaient avec leur pique-nique, avec tout un tas de produits qui terminaient dans la déchetterie. Mais on n’a qu’un seul bateau pour distribuer les déchets, la nourriture et les personnes."

Et Pierre Sartoux de souligner : "Les touristes arrivent sur un lieu protégé, un parc naturel. Comme en montagne, on rentre avec les déchets."

Comme en montagne, on rentre avec les déchets.

Pierre Sartoux

Conseiller municipal en charge de l’urbanisme à Aix

"Le but est le bon, mais il faut mieux aménager les choses"

Pour aider le centre du village à rester propre, les bacs enterrés ont été végétalisés et les poubelles des habitants mises à l'écart.

En revanche, les commerçants restent submergés. Pour Marie Botella, "le but est bon, mais il faut aménager les choses mieux que ça". Elle constate, qu'en l'absence de poubelles publiques, les visiteurs "déposent leurs déchets devant ma réserve. On ramasse tout : des glaces qui coulent, des couches pour bébés, des sacs avec des crottes de chiens. Il faut quand même indiquer aux gens qu’il y a des containers."

On ramasse tout : des glaces qui coulent, des couches pour bébés, des sacs avec des crottes de chiens.

Marie Botella

Commerçante

Cet autre commerçant remarque, quant à lui, un "sens civique" plus important chez les touristes, mais remarque, lui aussi,"que les touristes laissent de plus en plus de déchets chez nous, les commerçants, parce qu’ils n’ont pas de solution. (...) Il n’y a pas de tri, on se retrouve à ramasser des choses tous les jours par terre. On sent que la nature en prend un coup aussi."

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La première chose à faire : s'organiser

Reste donc aux touristes à mieux s'organiser pour prendre en charge leurs propres déchets. Christine a déjà prévu "un sac en plastique pour mettre ses déchets. Mais on a mangé au restaurant aussi, on n'a pas pique-niqué."

Christine est aussitôt contredite par une autre touriste, qui considère "qu’il devrait y avoir des poubelles un peu partout, pour le bien-être et la propreté de tout le monde. Si on n’est pas prévenu, ça peut causer des dégâts."

Ces cyclistes, quant à elles visiblement au courant, ramènent leurs déchets dans leurs sacoches de vélos. "C'est un peu quand on part en montagne. Voilà, on a nos cafés et nos sandwichs, ce n’est pas trop sale surtout, ce sont des papiers. Des déchets alimentaires, ça aurait peut-être été plus compliqué. Ce n'est pas gênant, et quand on connaît la règle, on l’applique."

Ce travail de sensibilisation est essentiel pour assurer le succès du dispositif à long terme, et dès cet été 2024. Rien qu’au pont de l’Ascension, l’île de 175 habitants a reçu 18 000 personnes.

(Avec Juliette Coulais).

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