Projet d'enlèvement de trois enfants : l'ancien gendarme, Christian Maillaud, condamné à 4 ans de prison, à Saintes

Le palais de justice de saintes où a été condamné à quatre ans de prison l'ancien gendarme Christian Maillaud. / © Cédric Cottaz/ France Télévisions
Le palais de justice de saintes où a été condamné à quatre ans de prison l'ancien gendarme Christian Maillaud. / © Cédric Cottaz/ France Télévisions

Christian Maillaud, l'ancien gendarme, jugé à Saintes pour la seconde fois a été condamné à quatre ans de prison ferme. Il est accusé d'avoir préparé un projet de kidnapping de trois enfants à Montendre en 2012. 

Par C.Hinckel avec AFP

Christian Maillaud, l'ancien gendarme de 52 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel de Saintes à quatre ans de prison ferme, assortis d'une interdiction de séjour de cinq ans dans le département de Charente-Maritime, pour "participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime". Le condamné, qui avait été révoqué de la gendarmerie pour troubles psychiatriques, a été maintenu en détention.


Un enlèvement commandité par la mère des enfants

Christian Maillaud avait déjà été condamné à cinq ans de prison le 30 août 2018 par le tribunal correctionnel de Saintes en Charente-Maritime. Un premier procès qui s'était tenu en son absence puisque l'ancien gendarme était alors en fuite mais il a été extradé du Vénezuela, où il se trouvait, en décembre dernier.
Il a été condamné pour avoir préparé, avec le groupuscule qu'il avait fondé, l'enlèvement de trois enfants à Montendre, dans le sud de la Charente-Maritime. Ce projet avait été fomenté à la demande de la mère des enfants qui accusait leur père de pédophilie, une allégation qui s'est révélée sans aucun fondement et depuis la mère des enfants a été reconnue comme sujette à des troubles psychiatriques.
 


La mère des enfants, aujourd'hui âgés de 19, 18 et 13 ans, avait orchestré elle-même cet enlèvement. Elle avait déjà réussi à les kidnapper de décembre 2008 à avril 2011, avant d'être retrouvée avec eux près d'Alès (Gard) par les gendarmes. 
Elle accusait alors sa belle-mère, ainsi que son ex-compagnon, de pédophilie et avait en vain tenté de faire constater ces sévices par des médecins. En 2015, la justice l'avait déclarée irresponsable pénalement pour troubles délirants.


"Un gourou charismatique"    

Christian Maillaud, qui dit avoir été gendarme de 1986 à 1992 en Rhône-Alpes et Guyane, avait été qualifié de "gourou charismatique" au premier procès. "C'est quelqu'un qui a un ascendant, qui veut ses adeptes, il pratique la manipulation mentale", a redit vendredi le procureur Mathieu Auriol.
   
Déjà condamné en 2009 pour avoir soustrait un enfant qu'il affirmait en danger, Christian Maillaud avait pris la tête d'un petit groupe d'activistes adhérant à diverses théories complotistes, et qui prétendait sauver des enfants de la pédophilie.
Dans des vidéos postées régulièrement sur internet, le quinquagénaire, se présentant comme "Stan" sur la toile, dénoncait l'"organisation pédocriminelle satanique qui est l'organe judiciaire" et le "procès d'inquisition" d'août 2018.
A l'audience vendredi, l'homme, grand, musclé, s'exprimant bien et constamment, au point de se voir rappeler par la juge qu'elle était "le patron", n'a cessé de répéter que "la justice ne voulait pas l'entendre", justifiant ses actes par le "devoir de mettre fin à un délit".
"Il ne parle que de son nombril, il considère qu'une décision de justice ce n'est pas la justice, parce qu'(à ses yeux) nous sommes coupables de protéger les réseaux pédophiles", a plaidé l'avocate du père et des enfants, Me Francesca Sata. "Sa façon de raisonnner lui interdit de rester dans un cadre (légal)".
 Pour la défense, Me Jean-Pierre Joseph a reconnu que "oui, il y a eu repérage, mais pour rechercher la vérité, pour ramener les enfants" à leur mère, "sans recherche de profit".
 
Christian Maillaud a également été condamné à verser au total 12.000 euros de dommages et intérêts au père et aux trois enfants. 
A l'extérieur du tribunal, une cinquantaine de partisans du prévenu ont affirmé après l'audience qu'ils poursuivraient son combat contre les pédophiles.
 

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