Incendie d'un garde-meubles à Saint-Sulpice-de-Royan : dans les box, des vies entières parties en fumée

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Le 14 octobre dernier, à Saint-Sulpice-de-Royan, un incendie détruisait 200 box de stockage d'une entreprise de garde-meubles. Certains propriétaires ont vu leur vie détruite en quelques heures. Un mois plus tard, certains sinistrés peinent à se relever. L'une de ces sinistrés a accepté de témoigner.

Une box de stockage dans un garde-meubles peut tout accueillir, du matériel professionnel, des affaires personnelles, du surplus. On loue pour quelques semaines ou pour des années. Jusqu'au jour où l'impensable se produit, tout est détruit dans un incendie.

Stéphanie Baradeau et son compagnon avaient loué deux box dans l'entreprise Stocktout de Saint-Sulpice-de-Royan. L'une contenait les souvenirs d'un père tout juste décédé, l'autre abritait toute la vie de Stéphanie, absolument tout. "Nous venions de déménager en Gironde pour retaper une grange, nous avions choisi de mettre un mobil-home sur le terrain en attendant que la grange soit habitable. Mon compagnon a gardé ses affaires pour meubler le mobil-home, moi j'ai tout mis dans un garde-meubles".

Le 14 octobre dernier, Stéphanie et Gilles assistent impuissants à la destruction de leurs biens.

Vu de l'extérieur, ce ne sont que des containers qui brûlent, mais Stéphanie voit sa vie s'effondrer. 

Je hurlais, j'avais l'impression d'être toute nue, que quelqu'un était mort

Stéphanie Baradeau, sinistrée dans un incendie d'un garde-meubles

Car derrière ces vêtements, jouets, meubles, photos etc, ce sont aussi dix ans de lutte de maman solo qui s'écroulent. "J'ai élevé seule mes deux enfants qui ont 11 ans et 18 ans. J'ai gardé chaque centime pour eux, pour qu'ils ne manquent de rien. Au moment, où je démarre une nouvelle vie, je perds tout et je redeviens dépendante". Stéphanie a bien conscience que ce ne sont que des choses matérielles, mais dans son histoire, ces affaires symbolisaient une revanche sur la vie.

Pour son compagnon, c'est une autre peine, celle de voir les souvenirs de son père tout juste défunt, détruits. "C'est très douloureux, pour tous les deux ". 

Du côté des assurances, le changement d'adresse, de lieu de vie (un mobil-home), et un stockage en garde-meubles rendent les démarches plus complexes. "J'ai porté plainte contre mon assurance", affirme Stéphanie, "car j'ai été mal informée. Mon dossier est entre les mains de la maison mère aujourd'hui."

La famille vit aujourd'hui dans un mobil-home avec quatre enfants, gardés selon les alternances d'une famille recomposée. "Mon fils de 11 ans n'avait même pas de couette, c'est mon père qui m'en a passé une". 

A 39 ans, Stéphanie travaille comme assistante vétérinaire dans une clinique de Gironde, où elle se sent très bien. Une reconversion qui fait partie de sa nouvelle vie, après avoir longtemps tenu un salon de toilettage à Saint-Sulpice-de-Royan. La jeune femme avait même gardé du matériel pour continuer de temps en temps cette activité. Gardé.. puis détruit, dans le garde-meubles.

Stéphanie et Gilles n'ont pas organisé de collecte, ni fait d'appel à la solidarité.

Ce que je souhaite vraiment aujourd'hui, c'est de pouvoir accéder aux restes et récupérer, ne serait-ce que des fragments, avant que tout ne parte à la benne.

Stéphanie Baradeau

Des bouts de photos, des fragments de vie, des petits riens, symboles d'une vie de lutte et de reconstruction après la violence, dans une vie conjugale passée.

Du côté de la municipalité, le maire indique qu'un permis de démolition a été déposé le 21 novembre dernier et un diagnostic amiante est en cours de réalisation. L'origine de l'incendie n'est toujours pas connue. En attendant, le site est totalement interdit pour des raisons de sécurité.

VOIR le reportage que nous avions réalisé le 14 octobre dernier

Si vous habitez à Saint-Sulpice-de-Royan ou dans les environs, vous avez peut-être entendu des explosions ce matin. La conséquence d'un incendie dans une zone industrielle. Le feu est parti d'un garde-meuble, entraînant l'explosion de bombonnes de gaz stockées dans des entreprises à proximité. Reportage de Julie Chapman et Adrien Marchand ©France Télévisions
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