Angoulême : une cagnotte pour les tulipes contre le cancer

En pleine pandémie de coronavirus, l'opération "Tulipes contre le cancer" n'a pas pu être menée à bien en Charente. Les fleurs dont la vente est destinée à soutenir la recherche médicale n'ont pas pu être récoltées en raison du confinement. Les particuliers peuvent les ramasser en échange d'un don.

Le champs de tulipes dont la production devait être vendue en faveur de la recherche contre le cancer, près de Rouillac en Charente.
Le champs de tulipes dont la production devait être vendue en faveur de la recherche contre le cancer, près de Rouillac en Charente. © Lilian Brandy, Lions Club Rouillacais
"Le champs de tulipes n'a jamais été aussi beau!", lance Philippe Beau, président du Lions Club de Rouillac.

Pourtant, cette année, seuls 10% des fleurs plantées ont été ramassées. En raison des mesures de confinement, les membres de ce Lions Club charentais n'ont pas pu récolter l'ensemble de la production destinée à être vendue au profit de la lutte contre le cancer.
VIDEO - YouTube "Les tulipes de l'espoir 2020"
"Nous participons à cette campagne nationale Tulipes contre le cancer depuis 26 ans! Pour la première fois, on ne peut pas vendre la production", constate le président, amer.  

Les tulipes sont désormais en fin de floraison. En plein champs, elles se sont épanouies de toutes leurs couleurs.

A l'automne dernier, le club avait planté 110.000 bulbes de tulipes, importés des Pays-Bas.

Cueillette autorisée pour les particuliers

"C'était magnifique", raconte Philippe Beau. "Pour la plupart, les tulipes sont foutues maintenant."

Les gens peuvent récolter et nous envoyer un don
- Philippe Beau, président du Lions Club de Rouillac

Le club n'a cependant pas baissé les bras et a cherché une solution pour procéder à la vente, tout en respectant le confinement. Le long de la route qui borde le champs, situé à 1km du magasin Super U de Rouillac, une pancarte invite les passants à s'arrêter pour cueillir les fleurs. 

"Les gens peuvent récolter pour eux-mêmes et, en échange, ils peuvent nous adresser un chèque à notre siège social à la mairie de Rouillac", explique Philippe Beau. "Pour l'instant, ça marche un peu..., mais pas beaucoup." 

Les premiers chèques ont été déposés dans la boîte aux lettres de la mairie. Pour le président du Lions Club de Rouillac, "les habitants jouent le jeu".

Le club précise que la cueillette doit se faire dans le respect des règles de distanciation sociale.

"Les autorités tolèrent que quelques véhicules à la fois s'arrêtent, si les gens restent bien éloignés les uns des autres."

Une cagnotte Leetchi pour les dons

Loin de se laisser abattre, les bénévoles multiplient les initiatives. Un message de soutien au personnel soignant a été tracé au motoculteur dans le champs et une cagnotte en ligne a été ouverte pour récolter des fonds en faveur de la lutte contre le cancer et des hôpitaux.

Une partie de l'argent ira aussi au personnel soignant 
- Philippe Beau, président du Lions Club de Rouillac

"On veut pouvoir continuer à récolter des dons. D'habitude, avec les recettes de la vente des tulipes, on achetait du matériel pour les centres d'oncologie. Cette année, une partie de l'argent ira aussi pour aider le personnel soignant. On leur demandera ce dont ils ont besoin."

Joint au téléphone ce dimanche matin, Philippe Beau se sent aujourd'hui, un peu "comme tout le monde". "On est désolé de tout ça. Nous faisons face à une pandémie qui est grave. On sait bien que d'un point de vue économique, ça va être dur de remonter ça."

On va prendre un bouillon!

Son club avait, comme chaque année, investi 10.000 euros pour l'opération. Il espérait réaliser entre 35.000 et 40.000 euros de chiffre d'affaires pour reverser la différence à la recherche.

"On va prendre un bouillon, c'est certain! Mais nous avons été prévoyant", précise-t-il. "Nous avions gardé une trésorerie d'un an d'avance, donc nous avons les moyens de payer les bulbes."

Les espoirs du club se portent donc sur les dons des particuliers pour néanmoins parvenir à soutenir les hôpitaux.
Reportage de Bruno Pillet, Cécile Landais et Christophe Pougeas :
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