Angoulême : des ateliers de peinture pour les enfants malades de l’hôpital

Chaque mardi, le Centre hospitalier d’Angoulême propose des ateliers de peinture pour les enfants malades hospitalisés dans le service de pédiatrie.

Chloé a terminé sa toile réalisée lors de l'atelier de peinture du Centre hospitalier d'Angoulême
Chloé a terminé sa toile réalisée lors de l'atelier de peinture du Centre hospitalier d'Angoulême © Centre hospitalier d'Angoulême

C’est au sein du service pédiatrie que chaque semaine intervient Anne Rivière, artiste-peintre et intervenante en peinture au Centre hospitalier d’Angoulême.

Une animation proposée depuis décembre 2020 au sein de l'établissement de santé charentais à l’initiative de l'AEMC (Association des Amis des Enfants Malades de la Charente) dont la présidente est la Chef de service de pédiatrie-néonatologie du Centre hospitalier d 'Angoulême,  Sylvie Roullaud. Des ateliers qui bénéficient de dons versés par Meukow Cognac.

Des ateliers hebdomadaires

Tous les mardis après-midi, après la sieste, les enfants hospitalisés dans le service pédiatrie ont la possibilité de s’initier à la peinture. Ils sont accueillis dans la salle de jeu individuellement ou par petits groupes de 2 à 3 maximum, surtout en cette période de Covid. S’ils le souhaitent et selon leur état de santé, ils peuvent aussi suivre l’atelier dans leur chambre. 

C’est en fait l'animatrice qui pour chaque séance s’adapte. “Avec le Covid nous accueillons un nombre limité d’enfants et de temps en temps je vais dans les chambres pour ceux qui ne peuvent pas se déplacer et quand ça leur fait plaisir de sortir et de venir en salle de jeu alors ils viennent ici” explique Anne Rivière, artiste-peintre et intervenante en peinture au Centre hospitalier d’Angoulême.

Une professionnelle qui sait ô combien ces ateliers sont bénéfiques pour les enfants. “Moi-même j’ai constaté les bienfaits que cela apporte, l’énergie que cela transmet et surtout le plaisir” explique-elle.

C’est une transmission du bonheur qu’apportent les couleurs.

Anne Rivière, artiste-peintre et intervenante en peinture au Centre hospitalier d’Angoulême

Ce mardi matin, c'est Chloé, qui est accueillie par l’animatrice. Seule ce jour-là, c’est un atelier on ne peut plus personnaliser qui est proposé à la jeune fille qui assiste pour la première fois à un atelier de ce type.

Atelier de peinture à l'hôpital d'Angoulême
Atelier de peinture à l'hôpital d'Angoulême © Centre hospitalier Angoulême

L’animatrice commence par présenter différents livres d’art à la jeune artiste en herbe. C’est sur Monet et ses séries de peintures les Nymphéas que la jeune fille pose son dévolu. Des nénuphars comme fil conducteur, dont l’adolescente va s’inspirer pour laisser aller ses pinceaux sur sa première toile.

J’aime les fleurs et la nature.

Chloé, 14 ans, artiste en herbe

Toile blanche, tubes de peinture, pinceaux et palette, avec tout ce matériel à disposition, la séance commence. Même si l’adolescente, pudique, reste au départ dans la retenue mais l’animatrice la met à l’aise avec bienveillance. “L’important c’est que tu découvres. La beauté de la toile sera dans l’émotion que tu vas y mettre” lui explique Anne Rivière.

Guidée pas à pas

Tout en peignant, Chloé écoute les explications d’Anne, que ce soit sur les couleurs et leurs mélanges, les différents pinceaux que l’on peut utiliser ou encore les traits de la peinture sur la toile… Les minutes s’égrainent, et la peinture prend forme. 

Tu peux mélanger les couleurs à l’infini.

Anne Rivière, intervenante en atelier peinture

Au fil des minutes, Anne Rivière distille peu à peu ses conseils avisés avec douceur et bienveillance. Elle suggère régulièrement des pauses et permet à Chloé d’observer son œuvre de loin. Puis le binôme se remet à l’ouvrage.

Dans la trace du pinceau c’est l’émotion qui passe.

Anne Rivière, intervenante en atelier peinture

Chloé concentrée sur sa toile lors de l'atelier de peinture du service pédiatrie du Centre hospitalier d'Angoulême
Chloé concentrée sur sa toile lors de l'atelier de peinture du service pédiatrie du Centre hospitalier d'Angoulême © Centre hospitalier d'Angoulême

Chloé est concentrée. Appliquée et minutieuse, elle choisit ses couleurs et opère des mélanges. Peu à peu, la jeune élève se détend et prend réellement du plaisir à peindre. Cela se voit et ses mots l’attestent. 

Il faut que je vienne plus souvent, cela me fait du bien et ça me détend.

Chloé, 14 ans, artiste en herbe.

Des bienfaits de tels ateliers sont constatés par l’ensemble du personnel médical. “On s’est rendu compte que la prise en charge globale de l’enfant ce n'était pas seulement les médicaments c’était aussi les distractions… Pour qu’ils vivent le mieux possible les hospitalisations de longue durée précise Sylvie Roullaud, chef de service de pédiatrie-néonatologie du Centre hospitalier d'Angoulême.

A l’hôpital on peut faire des choses belles et pas que des piqûres.

Sylvie Roullaud, chef de service de pédiatrie-Néonatologie du Centre hospitalier d'Angoulême

Des peintures plein les murs

Depuis fin décembre 2020 et le début des ateliers de peinture,  les murs blancs de l'hôpital charentais se colorent un peu. “Nous exposons au sein du CHA, hall Sud, Self du personnel, puis dans le hall ouest, au sein du Pôle Femme Mère Enfant, des toiles en peinture réalisées par les enfants hospitalisés" précise Sylvie Roullaud.

Ces toiles sont les œuvres des enfants, relevant des émotions et des talents.

Sylvie Roullaud, chef de service de pédiatrie-néonatologie du Centre hospitalier d'Angoulême.

La peintre quant à elle a déjà offert une de ses toiles. Elle est accrochée dans le salon des parents du service pédiatrie : “c’est une toile que j’ai faite pour offrir, comme une invitation dans un voyage imaginaire pour apporter une touche de couleur dans ce lieu. J’ai choisi une couleur assez neutre et assez douce pour créer des univers qui correspondent à la sensibilité des personnes qui sont là” explique Anne Rivière.

Il y a plus d’une heure d’écoulée et la séance touche à sa fin. Avant de poser son pinceau, Chloé va signer son œuvre avant que ses parents ne la rejoignent.

D’autres petits malades vont  encore, mardi prochain, déposer leurs émotions sur les toiles de peinture pour leur plus grand bonheur et celui des soignants.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
santé société