Charente : hécatombe chez les truites sauvages attaquées par la saprolégniose, la pêche restreinte

Dans la Touvre, rivière très prisée des pêcheurs en Charente, le no kill est désormais obligatoire par arrêté préfectoral. Les truites fario sont infectées par la saprolégniose, un champignon qui fait des ravages chez les reproducteurs. 

La saprolégniose cause des tâches blanchâtres qui provoquent la mort des truites sauvages lorsqu'elles ont recouvert plus de 15% de sa surface.
La saprolégniose cause des tâches blanchâtres qui provoquent la mort des truites sauvages lorsqu'elles ont recouvert plus de 15% de sa surface. © AAPPMA "La truite saumonée"

Obligation de remettre les truites à l'eau. Depuis quelques jours, les pêcheurs de farios qui fréquentent la Touvre en Charente sont soumis au no kill, cette pratique qui consiste à relâcher le poisson vivant après l'avoir attrapé. La préfecture de département a en effet pris un arrêté préfectoral dit "de graciation" pour toute la saison sur cette rivière et son affluent, le Viville. 

La raison de cette mesure de protection tient en un mot : saprolégniose. Ce parasite, aussi appelé "mousse" en raison de la moisissure blanchâtre et cotonneuse qu'il provoque sur l'animal, fait des ravages dans de nombreux cours d'eaux, partout dans l'Hexagone et notamment dans la Touvre qui est confrontée à ce fléau pour la quatrième année consécutive.

Dans cette partie de la Touvre, "no kill" obligatoire pour les pêcheurs de truites sauvages.
Dans cette partie de la Touvre, "no kill" obligatoire pour les pêcheurs de truites sauvages. © Cécile Landais - France Télévisions

Une véritable catastrophe

"Cette année, c'est une véritable catastrophe" se désole Alain Sartori, le président de l'association "La truite saumonée".  

On est train de mener une étude sur les causes de cette maladie (...) qui se développe dans le fond des rivières et qui attaque les poissons au moment de la reproduction. 

Alain Sartori, président de l'association "La truite saumonée".

Depuis le début de l'année, les membres de son association ne comptent plus les cadavres de truites sauvages, mortes étouffées par ce champignon qui s'attaque à la peau, aux branchies et même aux yeux du poisson. "Une fois qu'il a recouvert plus de 15 à 20 % de la surface, c'est la mort assurée" explique Alain Sartori. 

Le parcours de graciation vise notamment à protéger les reproducteurs.
Le parcours de graciation vise notamment à protéger les reproducteurs. © Cécile Landais - France Télévisions

Soucieuse elle aussi de comprendre les mécanismes de développement de cette maladie, la Fédération de Pêche de Charente s’est engagée dans un groupe de travail, animé par l'Union des Fédérations du Bassin Adour-Garonne (UFBAG), et un vétérinaire spécialiste en santé des poissons. Maisl elle se veut rassurante : " la population de fario n'est pas en déclin, au contraire".

Cause environnementale ? Stress ? En attendant les conclusions des experts, il est donc interdit de pêcher les poissons sans les remettre à l'eau, quelle que soit leur taille. Cette interdiction, qui n'est pas sanitaire mais environnementale, vise a maintenir un niveau suffisant de reproducteurs, les plus touchés par la maladie.

L'arrêté préfectoral est en vigueur sur la Touvre et le Viville depuis le 9 avril, et il le restera jusqu'au 31 décembre. En cas d'infraction, l'amende s'élève à 450 euros.

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