Coronavirus : un enfant testé positif dans une école en Charente

C'est la crainte de tous les maires de France. Mercredi 20 mai, un enfant de l’école maternelle du Parc à La Couronne près d’Angoulême a été testé positif au coronavirus. L’école a fermé ses portes, mais les inquiétudes sont toujours présentes.
 

Ecole maternelle du Parc à La Couronne, fermée après un cas positif
Ecole maternelle du Parc à La Couronne, fermée après un cas positif © Images Google Maps
Un enfant, scolarisé dans une école maternelle, a été testé positif au Covid-19 mercredi 20 mai à La Coronne en Charente. Son médecin aurait constaté des symptômes bénins et procédé au dépistage, a indiqué la Préfecture de Charente dans un communiqué. "L’enfant a eu des symptômes semblables à ceux d’une angine, avec de la fièvre et le médecin traitant a prescrit un test qui s’est révélé être positif", ajoute Jean-François Dauré, maire de La Couronne. Il aurait contracté le virus dans le milieu familial selon Elise Moreau, co-secrétaire du SNUipp-FSU 16. La fratrie et les parents sont négatifs.

Les équipes d'évaluation et de recherche, la Caisse Primaire d'Assurance Maladie, et l'Agence Régionale de Santé ont été prévenues et ont lancé l'enquête. Les autres personnes en contact avec l’enfant ont commencé à être testées. A ce jour, les résultats ne sont pas encore connus. Ils devraient être communiqués dans la journée su samedi 23 mai.

"La fermeture de l’école a été décidé tout de suite", explique la syndicaliste Elise Moreau, contente que les efforts de la semaine dernière aient porté leurs fruits. En effet, un nouveau cas avait été détecté à Soyaux et le dépistage avait été lent. "On était très en colère le week-end dernier, on a dû taper du poing sur la table pour que les collègues qui demandaient à être testé le soient", raconte-t-elle.

Il y a un décalage énorme entre le protocole sanitaire exigé sur le quotidien des écoles et la manière dont la situation a été traitée par l’ARS.
- Elise Moreau, co-secrétaire du SNUipp-FSU 16

Dans le cas de l’école du Parc, le syndicat est donc intervenu sans attendre. "Les personnes volontaires ont pu se faire tester et les parents et enseignants ont été prévenus avant la presse", affirme Elise Moreau.

"Je pense que si on n’était pas monté au créneau, ils auraient laissé l’école ouverte", avance Laëtitia Matin, co-secrétaire départementale du SNUipp-FSU 16.
Elise Moreau est d’ailleurs catégorique. "Il ne faut pas se le cacher, on sait bien que la vérité, c’est qu’il faut que les enseignants gardent les enfants pour que les parents aillent travailler".

Des appréhensions renforcées 

Malgré la fermeture de l’école, la situation inquiète beaucoup. "Les enseignants ressentent beaucoup de stress, et c’est légitime. Ils reprennent la classe avec la boule au ventre", insiste Laëtitia Martin. Les mesures d’hygiène mises en place dans les écoles et la distanciation entre les enfants sont, en effet, difficiles à respecter.

L’ARS a l’air d’estimer que, dès lors qu’on respecte le protocole et les distanciations, cela suffit et on peut laisser les écoles ouvertes, sauf qu’on sait à quel point c’est difficile avec des enfants. 
- Laëtitia Martin, co-secrétaire départementale du SNUipp-FSU 16

Jean-François Dauré partage ces inquiétudes. "On est inquiet pour les tests en cours, pour le personnel, les enseignants, les parents...pour la propagation aussi même si on a mis en place beaucoup de gestes barrières dans ces écoles, explique-t-il.

La directrice de l'école du Parc, est épuisée selon Elise Moreau.

C’est très stressant de diriger une école en ce moment, elle est soucieuse de savoir si le test va être positif pour elle, pour les autres. On garde le sourire mais ce n’est pas simple.
- Elise Moreau, co-secrétaire du SNUipp-FSU 16

Si le maire de la commune, Jean-François Dauré, ne regrette pas d’avoir fermé les écoles dès cette semaine et d’avoir reporté l’ouverture des écoles élémentaires à la semaine prochaine, il est déçu par rapport à l'important travail fourni jusque là par l’ensemble de la communauté éducative. "Nous sommes très soudés, et nous avions tout répété, retravaillé les mesures d’hygiène et de sécurité…et c’est extrêmement frustrant d’en arriver à ce coup du sort".

Un avis partagé par Jérôme Barret, président de l’association de parents d’élèves de l’école du Parc.
"L’état d’esprit général sur la commune est très très bon, on communique beaucoup et on travaille ensemble.
Il y a vraiment un travail de qualité qui permet la sérénité, que ce soit au niveau des enseignants, très moteurs, du centre sociaux, du personnel de mairie, de la préfecture, de l’ARS...".
Informés au quotidien, les parents d’élèves participent aux différentes réunions.

Tout le monde travaille dans la transparence donc ça permet d’évoluer dans un climat plutôt serein malgré toutes les inquiétudes qu'on peut avoir face à cette maladie bien sûr.
- Jérôme Barret, président de l'association de parents d'élèves de l'école du Parc

Dans l'attente des résultats des tests, l’école primaire elle, devrait rouvrir lundi mais sous haute surveillance.

Je pense que l’ARS ou la préfecture ne prendra aucun risque. Ils ne vont pas jouer au petit chimiste. Et, de notre côté, on ne fera prendre aucun risque au personnel de l’école.
- Jérôme Barret, président de l'association de parents d'élèves de l'école du Parc

Ouvrir ou pas ?

Avec le plus gros groupe scolaire du département, 330 enfants sur une seule école, c’est le dilemme du maire de la commune.
La décision devrait être prise dans les heures qui viennent. Mais l’important pour Jean-François Daué reste la prudence. "Il faut être vigilant et privilégier la protection des hommes, des femmes et des enfants".
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
rentrée scolaire éducation société coronavirus/covid-19 santé déconfinement