Sazerac, le cocktail officiel de la Nouvelle Orléans, puise ses racines dans le cognac

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L'histoire remonte aux années 1830 - 1850, quand un apothicaire de Louisiane agrémente son remède de quelques gouttes de cognac pour en faire passer l'amertume. Depuis, la recette a connu quelques variantes, mais le nom de la maison charentaise, lui, est resté. Elle a même son propre musée à la Nouvelle-Orléans !

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Dans les années 1630, la famille Sazerac plante ses premières vignes en Charente et se lance dans le commerce des eaux-de-vie. Elle possède aussi une forge, et des archives précisent qu'en 1779, Louis de Sazerac produit des canons pour aider les Américains à conquérir leur indépendance.

Ce lien avec les Etats-Unis ne se démentira jamais. Quelques 50 ans plus tard, leurs bouteilles estampillées "Sazerac De Forge Et Fils Cognac" se vendent très bien à la Nouvelle Orléans.

Pionnier des cocktails

Installé dans cette ville du sud de la Louisiane et français d'origine, l'apothicaire Antoine Peychaud, à la recherche d'un mélange pour adoucir sa potion herbacée, y ajoute un peu de sucre, d'eau et une pointe de cognac Sazerac.

C'est ce nom-là qui reste puisqu'il a déjà baptisé sa boisson pour soigner "Peychaud's aromatic cocktail bitters". Et le succès semble au rendez-vous puisque dans la même rue que la pharmacie Peychaud sera fondé un bar "Sazerac".

Mais le cocktail ne se limite pas à ces deux enseignes et est popularisé dans toute la ville, au point que dans les années 1900, le nom "Sazerac" ne sera d'ailleurs plus limité à une marque mais définira un type de mélange.

Quelques adaptations

Entre temps, à partir de 1895, le phylloxera fait des ravages dans le vignoble européen, compromettant les exportations du cognac Sazerac aux Etats-Unis pour plusieurs décennies. L'ingrédient est alors remplacé par le whisky de seigle américain (rye whisky). 

Plusieurs recettes émergent aussi, avec une base absinthe par exemple, avant que celle-ci ne soit interdite, ou bien pastis. Mais toujours avec le nom Sazerac.

Son histoire est si étroitement mêlée à celle de la Nouvelle Orléans que la boisson est décrétée "cocktail officiel" de la ville en 2008 et dispose de son propre musée !

Retour aux sources

Aujourd'hui l'entreprise américaine poursuit son développement et la boucle est bouclée puisqu'en 2016, elle acquiert le domaine du Breuil, à Segonzac. Grâce à ces 57 hectares plantés en agriculture biologique, elle y produit de nouveau son cognac, sous la marque historique "Sazerac de Forge", of course.

C'est toujours un cocktail populaire outre-Atlantique... Il apparaît régulièrement dans quelques scènes de cinéma et de série.