Cognac : avec la disparition de Christophe Dominici, Fabrice Landreau perd un ami

Le manager de l'Union Cognac-Saint Jean d'Angély était un proche de l'ancien ailier du XV de France. Comme tout le monde, il a appris hier la disparition de Christophe Dominici, une figure du rugby français et, surtout, pour lui, un ami.
Christophe Dominici en 2007 lors d'un match amical contre l'Angleterre.
Christophe Dominici en 2007 lors d'un match amical contre l'Angleterre. © Felix Golesi - MaxPPP
"Un mauvais cadrage-débordement" ; l'émotion n'est pas feinte au bout du fil et c'est forcément dans la langue de l'Ovalie que Fabrice Landreau rend aujourd'hui hommage à son ami. Ils ont passé dix ans ensemble, de 1999 à 2009, sous les couleurs du Stade Français ou avec le maillot de l'équipe de France. Alors forcément, c'est un doux euphémisme que de dire que le manager de Cognac-Saint Jean d'Angély est "affecté" par la disparition de Christophe Dominici. Les deux hommes étaient restés en contact. "On se retrouvait soit à l'occasion de matches internationaux soit sur des plateaux télé", explique-t-il, "il avait tourné la page rugby parce qu'il était très absorbé par ses affaires qui lui prenaient beaucoup de temps, mais c'était un vrai passionné".
Christophe Dominici avait proposé à Fabrice Landreau de venir voir ses joueurs à Cognac.
Christophe Dominici avait proposé à Fabrice Landreau de venir voir ses joueurs à Cognac. © Nicolas Goisque - MaxPPP

Il ne s'intéressait pas qu'au Top 14 ou à l'équipe de France. Il était aussi proche des clubs amateurs, il aimait ce rugby par où on est tous passé. Lorsque j'ai quitté Paris, il m'a spontanément proposé de venir à Cognac pour parler aux joueurs de son parcours, du haut niveau, les exigences, la performance, la résilience, toutes ces valeurs qui sont importantes pour y arriver. Ça lui faisait plaisir et il avait envie de transmettre quelque chose aussi.

Fabrice Landreau, manager de l'Union Cognac-Saint Jean d'Angély

Fabrice Landreau et Christophe Dominici aux côtés de Ewen Mackenzie en 2008 au Stade Français
Fabrice Landreau et Christophe Dominici aux côtés de Ewen Mackenzie en 2008 au Stade Français © Guillaume Roujas - MaxPPP
Fabrice gardera aussi bien sûr, comme tout un chacun, le souvenir d'un joueur exceptionnel avec ce brin de folie que nos meilleurs ennemis anglais appellent le "French flair". Les All Blacks aussi se rappeleront pour toujours d'une demi-finale de coupe du monde 1999 à Twickenham où un rebond capricieux avait atterri dans les bras du varois et donné l'avantage aux Bleus. 

C'était un joueur à part, ce qu'on appelle aujourd'hui un "facteur X" comme Antoine Dupont ou Cheslin Kolbe. Dans sa génération, il n'y avait que lui qui était capable de telles fulgurances et de faire basculer des rencontres.Il avait ce charisme et cet aura, sur le terrain comme dans les vestiaires, que peu de joueurs ont. On avait le sentiment à ses côtés de ne jamais pouvoir perdre un match, tellement il y avait chez lui cette volonté de gagner. Combien de matches, à lui tout seul, il a fait remporter au Stade Français ou à l'équipe de France sur des prises de décisions, des intuitions, des matches où il était ce "facteur X".

Fabrice Landreau, manager de l'Union Cognac-Saint Jean d'Angély

Samedi prochain, à 21 heures, un hommage sera rendu à Christophe Dominici au Stade de France avant le match France-Italie.
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