Confinement : alerte aux allergies de printemps !

Bien présents en Limousin en ce début de printemps, les pollens de bouleaux sont source d'allergies / © pixabay
Bien présents en Limousin en ce début de printemps, les pollens de bouleaux sont source d'allergies / © pixabay

Le printemps, saison maudite pour les allergiques... En Limousin, l'alerte aux pollens est à son maximum depuis plusieurs jours et jusquà ce vendredi 24 avril. La crise sanitaire due au coronavirus et le confinement ont-ils une incidence sur le 1/4 des Français souffrant d'allergies ?

Par Martial Codet-Boisse

Depuis le 17 avril, l'alerte rouge est franchie en Limousin. Dans son dernier bulletin, l'ATMO Nouvelle Aquitaine qui mesure la qualité de l'air, indique un risque allergique d'exposition aux pollens très élevé (niveau 5) que ce soit à Limoges, Tulle ou Guéret.
 
Relevé ATMO des pollens sur le Limousin du 17 au 24 avril / © ATMO Nouvelle-Aquitaine
Relevé ATMO des pollens sur le Limousin du 17 au 24 avril / © ATMO Nouvelle-Aquitaine

Un phénomène accentué par le confinement ?

On observe actuellement une très forte concentration dans l'air de pollens de bouleaux, platanes, chênes et graminées. Un calvaire quotidien pour les personnes allergiques.

Avec la crise sanitaire due au coronavirus, dans nos villes, dans nos campagnes, les parcs, trottoirs ou champs sont parfois laissés à l'abandon. La nature reprend ses droits. Ce confinement a-t-il une incidence sur la forte concentration de pollens dans l'air ? Apparemment non :

Nous n'avons pas encore assez de recul sur toute la saison mais il semble qu'il n'y ait pas plus de pollens dans l'air cette année. Vous savez, un mois de confinement, cela ne va pas influer sur le cours de la nature, c'est trop court ! (Gilles Oliver, ingénieur en aérobiologie au R.N.S.A)

La nature reprend ses droits dans les interstices des trottoirs de Limoges / © Martial Codet-Boisse - France Télévisions
La nature reprend ses droits dans les interstices des trottoirs de Limoges / © Martial Codet-Boisse - France Télévisions

Des pollens examinés à la loupe

Le Réseau National de Surveillance Aérobiologique (R.N.S.A) dispose d'une douzaine de capteurs sur la Nouvelle-Aquitaine dont un à Limoges.

Des pollinariums, jardins réunissant les espèces végétales allergisantes, existent également dont un à Limoges ainsi qu'à Sainte-Feyre en Creuse. Il regroupe des graminées et des arbres aux pollens allergènes : bouleaux, saules, noisetiers et chataîgniers.

Des indicateurs nécessaires pour alerter les patients allergiques qui fréquentent le centre médical de Sainte-Feyre.

Nous envoyons une newsletter à nos patients abonnés afin qu'ils connaissent l'arrivée des pollens. Ce que l'on observe cette année, c'est la précocité extrême de la pollénisation. A cause du réchauffement climatique, on a vu dès le mois de février apparaître une graminée responsable du rhume des foins. Il y a parfois un mois d'avance et cela dure jusqu'en automne ! (Estelle Furet, directrice adjointe du centre médical de Sainte-Feyre et responsable du pollinarium)

Le pollinarium de Sainte-Feyre en Creuse, créé en février 2018 pour repérer l'apparition des pollens allergisants / © Valérie Agut - France Télévisions
Le pollinarium de Sainte-Feyre en Creuse, créé en février 2018 pour repérer l'apparition des pollens allergisants / © Valérie Agut - France Télévisions

Moins de pollution, moins de risques allergiques ?

Depuis la mise en place du confinement, les particules rejettées par les véhicules, l'industrie, ont chuté. La pollution de l'air ambiant peut amplifier les symptômes d'allergies chez les personnes sensibles en irritant davantage les muqueuses.

Depuis la crise du Covid-19 on voit peu de patients mais oui, théoriquement la pollution facilite la pollinose. Cependant, les gens sont confinés et respirent aussi les allergènes de chats, d'acariens, les composés organiques volatiles...Le vrai problème, ce sont les personnes qui, faute d'être suivies, pourraient arrêter leur traitement de fond, être plus fragile au niveau bronchique et déclencher des urgences médicales. (Dr François Touraine, service Pathologie respiratoire et allergologie du CHU de Limoges)

Il n'y a pas que le Covid-19 qui fait tousser

Stéphanie Roux Farrenq est allergologue. Dans ses cabinets à Saint-Yrieix-la-Perche ou à Limoges, elle reçoit chaque semaine près de 200 patients souffrant d'allergies.

Le coronavirus a une incidence sur son activité car elle ne peut plus recevoir physiquement les personnes affectées par une maladie respiratoire. En télétransmission, elle n'observe pas plus de cas qu'à l'accoutumée et repère facilement les allergiques à leurs symptômes.

Les allergiques toussent et éternuent aussi mais ils n'ont pas forcément le Covid-19 ! Il y a l'irritation occulaire, la rhinite, l'écoulement nasal, les formes asthmatiques qui provoquent des toux sèches et de l'essouflement mais, s'il n'y a pas de fièvre, ce ne sont pas les mêmes symptômes que le coronavirus. (Stéphanie Roux Farrenq, allergologue)

Masque et lunettes pour se protéger des allergènes / © pixabay
Masque et lunettes pour se protéger des allergènes / © pixabay

Allergiques, portez un masque !

Selon l'INSERM, 25% à 30% de la population française est allergique. Voici quelques conseils de l'allergologue Stéphanie Roux Farrenq :
  • Bien aérer son habitat tôt le matin ou tard le soir
  • Eviter de faire sécher du linge à l'extérieur
  • Prendre une douche le soir pour enlever les pollens
  • Porter une casquette et des lunettes de soleil à l'extérieur
  • Mettre un masque pour limiter la pénétration des pollens par le nez et la bouche

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