Confinement en Limousin : des enchères en ligne pour sortir de la crise

Pour faire face au confinement et maintenir l'activité malgré une baisse considérable de la demande, la profession de commissaire-priseur innove avec l'aide des nouvelles technologies. Exemple à Limoges

Photo d'illustration
Photo d'illustration © Maxppp FRANCK DUBRAY PHOTOPQR/OUEST FRANCE

UNE FOIS, DEUX FOIS, TROIS FOIS... RIEN

Depuis un mois, les commissaires-priseurs n'ont plus rien à se mettre sous le marteau. Par ailleurs, leurs salles des ventes étant fermées ils n'ont plus d'acheteurs sauf à organiser des enchères en ligne. Les pages de garde de leurs sites internet égrènent les mots de différé, annulé, reporté. 

En mars mon chiffre d'affaire s'est affiché à moins 80% et il sera de moins 50% en avril" confie l'un d'eux.

Un de ses confrères s'avoue chanceux :

J'ai fait une grosse vente début mars".

En Creuse l'unique commissaire-priseur du département qui organise trois à quatre mises aux enchères par mois a vendu une pièce depuis le début du confinement. C'était via Drouot, la salle parisienne et sur le principe "on line". L'objet est en ligne et les acheteurs ont quinze jours pour enchérir.
 

PEU DE SORTIES ET AUCUNE RENTRÉE

Les estimations, les successions, les liquidations : Tout s'est arrêté. Si ces officiers ministériels depuis longtemps rompus aux pratiques web ont mis en ligne des fichiers très détaillés pour faire de l'estimation de biens virtuelle, l'approvisionnement est lui impossible. 

"Les gens ont plus la tête à jardiner qu'à vendre tout ou partie d' une collection ", détaille un poids lourd du secteur qui ne peut que constater : "On ne trouve plus de marchandise."

Les inventaires notariés accompagnant les successions : finis !
Les liquidations judiciaires : terminées !
Les tribunaux de commerce : fermés !
Les saisies : reportées ! 

Même la vente trimestrielle du crédit municipal de Limoges a été reportée. C'est co-misère priseur.

UNE PREMIÈRE À LIMOGES  : UNE ENCHÈRE 100% EN LIGNE 

Vendredi 17 avril Nicolas Constanty se lance. Une caméra, un téléphone et avec un manutentionnaire et une secrétaire il organise une vente 100% internet. 

"Ça demande beaucoup plus de travail en amont. La description des objets doit être très rigoureuse. Personne n' a pu voir ou toucher les lots et comme il n' y aura personne dans la salle je ne sais pas comment les enchères rebondiront".

Pour cette première, il a d'abord fait de la publicité sur son site. Les enchérisseurs se sont inscrits, ont donné leurs coordonnées bancaires et, à partir de 14 heures en audio-conf comme tout un chacun vont se disputer des objets d'Art Premier.

"Plus de trois cent inscrits et comme c'est une vente de spécialistes j'espère ne pas me trouver trop abandonné même si sans l'ambiance de la salle, il va forcément manquer quelque chose".

Un de ses confrères régionaux ayant déjà vécu ce moment a une formule : 

"les enchères c'est comme l'amour, c'est moins bien tout seul".

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