Congrès, foires, festivals : la délicate mission des entreprises d’événementiel en Limousin

Foires expos, salons ou festivals  : autant d’événements annulés ou repoussés en 2020 et début 2021 à cause de la crise sanitaire. A Limoges et Brive, deux entreprises d’événementiel ont su faire face et conserver leurs équipes.  

Evénement Toques et Porcelaine à Limoges en 2019 organisé par l'agence Pulss Event.
Evénement Toques et Porcelaine à Limoges en 2019 organisé par l'agence Pulss Event. © Pulls Event

"Quand vous travaillez depuis six mois sur un événement comme le marché de Noël à Limoges et que tout est annulé six jours avant, c’est dur" indique encore ému, Xavier Marbouty, gérant de la société limougeaude Pulss event. 

Et on imagine que les nerfs ont été mis à rude épreuve depuis le début de la pandémie pour les entreprises d’événementiel, très impactées par l'annulation de nombreuses manifestations. Ainsi, le patron estime avoir perdu 86 % de son chiffre d’affaires 2020 prévu initialement."Grâce à la trésorerie, au fond de solidarité de l’Etat et aux mesures de chômage partiel, j’ai pu conserver mes quatre salariés" explique-t-il, ce qui semblait essentiel à ses yeux.

Après le premier confinement, l’équipe est revenue travailler au bureau. "L’activité était réduite mais on voulait garder ce lien, ça aidait pour le moral." L’agence a été aussi confrontée à l’annulation de la foire expo de Limoges qui devait se tenir en mai et a été repoussée en septembre pour finalement être annulée. Un autre coup dur.

"On était et on est encore souvent dans le flou sur les jauges, on est  obligé d’anticiper et de prévoir des solutions de repli, sans avoir les règles du jeu", précise Xavier Marbouty.

Besoin d’humain

Face aux interdictions de rassemblement, l’agence a dû travailler sur de nouveaux types d’événements en distanciel. "On devait au départ organiser le forum d’une entreprise bordelaise à la Rochelle en janvier dernier avec 1500 participants. On a finalement préparer des réunions et formations plus virtuelles de mars à juillet"

Un an après la crise, le patron se rend pourtant compte que de nombreux clients "en ont marre du numérique et du visio".

Il y a un besoin d’humain, de communiquer en face. Je pense que mon métier a donc encore de belles années. 

Xavier Marbouty, gérant de Pulss Event.

"On a beaucoup d’engouement sur la prochaine édition de Toques et Porcelaine à Limoges en septembre et on a des séminaires d’entreprises qui commencent à être commandés pour juin".

Les ateliers du commerce en 2018 à Nantes.
Les ateliers du commerce en 2018 à Nantes. © Pulss event.

Un bémol, de taille, la difficulté à retrouver toutes les petites mains qui oeuvrent en coulisses à la mise en place et au démontage des événements. "Il y a une peur de ne pas revoir toutes les équipes quand tout va pouvoir redémarrer. Beaucoup de techniciens souvent intermittents sont partis ailleurs pendant cette crise. On les comprend mais il va falloir retrouver le personnel", dit le gérant.

Incertitudes et reports

A Brive, l’agence MCV communication et événements qui emploie aussi quatre salariés a eu plus de chance car deux des événements qu’elle organise ont pu avoir lieu. Le salon de l’habitat prévu en mars 2020 a été reporté en septembre et le festival de cinéma de Brive (rencontres de moyen métrage) a été décalé de mai 2020 à fin août, sur trois petits jours au lieu d’une semaine où plus de 2 300 entrées ont été enregistrées. 

Festival du cinéma de Brive fin août 2020.
Festival du cinéma de Brive fin août 2020. © MCV communication et événements.

"Il était nécessaire de revenir travailler dans nos locaux et nous avons pu le faire en juin. C’était motivant mais il y a eu de grosses incertitudes sur les événements. Le salon du mariage que nous organisons n’a pu se tenir en novembre, faute de confinement ", indique Sandra Bernardie, la gérante de l’agence.

Se diversifier

La petite entreprise a pu bénéficier aussi de mesures d’aides du gouvernement et a tenu le cap car elle est d’abord une agence de communication pour différentes sociétés corréziennes.

Si certains clients comme l’aéroport de Brive, touché par la baisse du trafic aérien, ont dû bien réduire leur communication, d’autres marchés ont été identifiés. 

"Cette crise nous a permis de développer d’autres prestations que nous n’avions pas eu le temps de faire comme le community management, c’est-à-dire la présence sur les réseaux sociaux comme vecteur de communication pour les entreprises", souligne la gérante.

En 2021, les entreprises d’événementiel vont donc continuer de s’adapter et d’être réactives en attendant le retour d’une vie sociale plus normalisée. "On peut continuer d’organiser des événements en respectant des jauges et des mesures sanitaires. Et il faut garder les contacts humains car c’est la base" conclut avec le sourire Sandra Bernardie, en plein travail sur le prochain festival du film de Brive qui pourrait avoir lieu le 25 mai prochain.

    

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