Coronavirus. Drôle d’atmosphère dans le monde du spectacle

La page d'accueil du site internet de La Sirène à La Rochelle ce mardi 17 mars 2020. / © France 3 Poitou-Charentes - DR
La page d'accueil du site internet de La Sirène à La Rochelle ce mardi 17 mars 2020. / © France 3 Poitou-Charentes - DR

Les lieux culturels, les compagnies, les artistes et tous ceux qui vivent grâce au spectacle vivant sont confrontés à cette situation sans précédent. Tous font face à la réorganisation de leur structure, aux reports ou aux annulations. Et tous se retrouvent confinés, à travailler de leur salon.

Par I. Hirsch / C. Roland

Le TAP, Théâtre Auditorium de Poitiers, a rapidement fait savoir, via les réseaux sociaux, que la fermeture était effective au moins jusqu’au 15 avril. La direction du théâtre demande à ses spectateurs, dans un communiqué, de rester patient pour laisser le temps aux équipes de s’organiser avant de demander un remboursement. Elle va même plus loin en proposant de ne pas se faire rembourser, l’objectif étant de venir en aide aux artistes les plus fragiles, même si leur spectacle ne peut être reprogrammé.
Notez aussi que le festival À Corps qui devait avoir lieu fin mars est annulé.

A la Sirène, salle de musiques actuelles de La Rochelle, les équipes travaillent aussi d’arrache-pied pour trouver des solutions de report des spectacles. Quelques solutions ont déjà été trouvées avec des reports à l’automne.
Quant aux salariés, ils sont chez eux et font du télétravail mais si le confinement se poursuit au-delà des deux semaines annoncées, la question du chômage partiel pourra se poser, ce que David Fourrier, directeur de la Sirène, trouve très angoissant.

Même scénario à la Nef, salle de spectacle et de répétition basée à Angoulême. Selon la direction, Laetitia Perrot, une grande partie des spectacles et concerts a pu être reportée. Seuls des artistes qui font des tournées internationales ne pourront pas se produire à d’autres dates, mais ils représentent 20% de la programmation.

Les salariés vont profiter de ce confinement et de la fermeture de la salle pour travailler sur des dossiers de fond qu’ils n’ont pas le temps de gérer habituellement. Un régisseur va créer du matériel à moindre coût pour les musiciens qui viennent répéter dans les locaux habituellement et toute l’équipe va mettre en place des réflexions sur le développement durable.
La carte du bar va être renouvelée en travaillant avec des producteurs locaux. Des recettes de plats bio et vegans vont être concoctées, comme celles utiles à la fabrication de lessives ou autre détergeant. En bref, la Nef veut aller plus loin dans ses démarches liées à la protection de l’environnement.
Laetitia Perrot a aussi une pensée pour les intermittents qui, pour certains, vont se retrouver dans une situation difficile et elle n’oublie pas les prestataires avec lesquels elle travaille comme la micro-entreprise qui colle les affiches ou le magazine Sortir qui, pour la première fois depuis sa création il y a 25 ans, ne va pas être édité.

Du côté de la Canopée à Ruffec (16), Nathalie Chanas-Nicot a déjà réussi à reporter certains spectacles en juin et en octobre. Il reste à trouver des dates pour la programmation jeune public, avec des séances scolaires. Mais la grande difficulté qu’elle rencontre est que la programmation de la saison prochaine est déjà bouclée. Il est donc compliqué de trouver des dates où la salle est disponible. Et si aujourd’hui, le travail se fait à distance, l’ambiance n’est pas à la joie pour l’instant, d’autant plus que de nombreux artistes vont souffrir de cette situation.

C’est l’une des choses qui inquiète Aurélie Dessevres de la compagnie Carte blanche prod, installée à Nouaillé-Maupertuis (Vienne). Pas pour elle mais pour tous ceux qui n’ont pas encore renouvelé leurs droits d’intermittents du spectacle. En ce qui la concerne, elle va travailler sur un nouveau projet pendant les deux mois qui viennent. Elle espère présenter ce spectacle au festival Écouter voir début juin.
Elle sait que sa compagnie peut tenir quelques mois mais elle s’interroge sur le moyen terme. Elle qui travaille beaucoup avec des associations ou des entreprises, elle ne sait pas si ces structures pourront continuer à programmer des spectacles, compte-tenu de l’arrêt imposé de l’activité et à long terme, il semble impossible que l’État puisse compenser les pertes pour toutes les entreprises culturelles en déficit.
Aurelie Dessevres a aussi un peu de mal à appréhender les prochaines semaines, elle qui base son activité sur le lien social et le public, sans lequel les artistes ne sont rien.
 

Côté festival

La Voix du rock, qui doit avoir lieu début juin à Couhé, ne change rien même s’il est envisageable que la tenue des concerts ne soit confirmée que 15 jours avant. Si la situation s’est arrangée, ce festival sera sans doute l’un des premiers lorsque la vie aura repris son cours normal.

Quant au festival de blues à Cognac, qui a lieu début juillet, a priori, peu de risque que la pandémie ait un impact sur cet événement culturel qui se tient dans le jardin public de Cognac.

 

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