Coronavirus. En Poitou-Charentes, les salariés des usines Marie réclament la prime Macron

image d'illustration / © Joe Raedle / AFP
image d'illustration / © Joe Raedle / AFP

Les usines Marie Surgelés de Mirebeau dans la Vienne et d'Airvault dans les Deux-Sèvres tournent à plein régime depuis le début du confinement.
La direction demande aux 550 employés de travailler jusqu'à 6 jours sur 7 pour faire face à la demande. Les salariés épuisés réclament une prime.

Par Patricia Périn

Le confinement a changé les habitudes alimentaires des Français. Les consommateurs sont plus prévoyants en faisant leurs courses.
Les ventes de produits préparés et surgelés de la marque Marie ont ainsi progressé de plus de 30%. Des pizzas et des tartes dans les congélateurs, des plats cuisinés au réfrigérateur, au cas où.

230.000 pizzas produites chaque jour dans la Vienne

Depuis le début de la crise, l'usine de Mirebeau dans la Vienne tourne six jours sur sept. Les 330 salariés travaillent tous les samedis depuis le début l'année, jusqu'à 47 heures par semaine selon le syndicat Force Ouvrière. La chaîne destinée à produire les pizzas fonctionne quasiment 24 heures/24h. 160 pizzas par minute sont cuisinées dans cette unité de production de la Vienne, c'est plus de 200.000 pièces par jour. Une cadence difficile à supporter pour les salariés qui demandent une prime à leur direction pour les efforts fournis.

Les gens sont épuisés. Les salaires ne sont plus majorés pour ceux qui travaillent le samedi. Cette prime exceptionnelle, les employés la méritent. Même si nous sommes moins exposés que le personnel de santé c'est évident.
Jean-François Bardeau délégué syndical central CNT-SO

Sur le site de Mirebeau, les syndicats sont aussi en première ligne pour faire respecter les consignes de sécurité sanitaire.
"Comme dans toute entreprise spécialisée dans l'agro-alimentaire, nous avons des masques à volonté habituellement. Depuis le début de la crise, nous devons nous satisfaire d'un seul par jour pour être sûrs d'en avoir assez", précise Jean-François Bardeau.

A Airvault, à quelques kilomètres de là, dans une autre usine Marie spécialisée dans les plats préparés, la situation est la même. Les rythmes soutenus de production et l'angoisse de la contamination aboutissent à une ambiance de travail éprouvante.

Les salariés ont peur, comme tous les gens qui travaillent, ils sont fatigués mais répondent présents. Puisque le ministre de l'Economie et le Président de la République proposent une prime exceptionnelle, je ne vois pas pourquoi on n'y aurait pas droit. Nous méritons cette reconnaissance
- Alain Bernier délégué syndical central CGT

Le dialogue avec la direction n'est pas rompu, mais les négociations n'avancent pas assez vite selon les syndicats.
 

L'usine Marie Surgelés à Airvault (Deux-Sèvres) emploie 250 salariés / © Philippe Bonnarme MaxPPP
L'usine Marie Surgelés à Airvault (Deux-Sèvres) emploie 250 salariés / © Philippe Bonnarme MaxPPP

Des débrayages sur les deux sites 

Depuis le 2 avril 2020, des débrayages d'une heure sont organisés sur les deux sites. Didier Gand, directeur général de Marie Surgelés, est conscient des efforts demandés et reconnaît un gros investissement de l'ensemble du personnel. Une prime, pourquoi pas, mais pas en mettant le groupe en péril.

La situation est tellement exceptionnelle que nous devons nous adapter au jour le jour. Il faut produire 30 à 40% de plus à Mirebeau et Airvault et à partir de demain nous fermons le troisième site à Chacé dans le Maine-et-Loire. Nous ne savons pas dans quel état nous sortirons de la crise.

Les débrayages devraient se poursuivre au moins jusqu'au lundi 6 avril chez Marie Surgelés. Syndicats et direction devraient alors se retrouver chacun avec de nouvelles propositions.

Reportage de Jérôme Vilain, Antoine Morel et Alexia Rouy :


Situation de l'usine "Marie" de Mirebeau (Vienne)

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