Coronavirus : les taxis sont à la peine en Limousin

Après 3 semaines de confinement, la situation est compliquée pour tous les taxis de la région. Faute de clients, nombre d'entre eux ont laissé la voiture au garage. Certains poursuivent tout de même leur activité au ralenti.
Coronavirus : à Limoges, la majeure partie des taxis est à l'arrêt
Coronavirus : à Limoges, la majeure partie des taxis est à l'arrêt © André Abalo

Des villes sans taxis...

À Limoges, 60 taxis artisans sont regroupés en association. Au début de cette troisième semaine de confinement, ils ne sont plus que 6 ou 7 à travailler sur la ville avec une perte de chiffre d'affaires considérable.

Pour ceux qui sont encore là, 80% du chiffre d'affaires est perdu. Selon les numéros de licences, on travaille à tour de rôle les jours pairs ou impairs. (Frédéric Roux, président de Limoges Taxi)

Coronavirus : protection à l'intérieur d'un taxi limougeaud
Coronavirus : protection à l'intérieur d'un taxi limougeaud

Après chaque client, les taxis sont désinfectés. Certains professionnels ont même installé des barrières de protection en plexiglass afin de rassurer d'éventuels usagers. 

Pour assurer un minimum de courses, Limoges-Métropole offre le transport par taxi au personnel soignant sur les trajets domicile-travail.

Situation identique à Brive où 90% des taxis ont cessé toute activité.
 

Peu de taxis dans les campagnes...


Il existe près de 300 licences de taxis en Haute-Vienne et là également, beaucoup sont à l'arrêt. Dans le cas où la situation se dégraderait, ils pourraient être réquisitionnés par l'Etat mais ce n'est pas encore le cas. 

Nous véhiculons encore les personnes qui ont des pathologies lourdes, qui ont des dialyses à faire, des chimothérapies, mais beaucoup de rendez-vous ont été reportés. Economiquement, cela va être catastrophique, notamment pour les taxis qui n'ont pas de trésorerie, qui viennent de reprendre une entreprise. (Jean-Philippe Gourinet, président de la Fédération départementale des artisans taxis 87)

Le taxi corrézien d'Alexandre Lavent prend la poussière, totalement à l'arrêt depuis le début du confinement
Le taxi corrézien d'Alexandre Lavent prend la poussière, totalement à l'arrêt depuis le début du confinement © Alexandre Lavent

350 professionnels ont une licence en Corrèze. Comme partout en France, ils s'indignent de ne pas pouvoir se procurer de masques au même titre que les ambulanciers.

Des chauffeurs ont peur de contracter la maladie ou, s'ils sont asymptomatiques, de la transmettre à des clients. On a fait une demande au niveau national, on espère avoir des masques pour transporter plus sereinement les personnes les plus fragiles. (Christian Lavent, président de la Fédération des artisans taxis de Corrèze)

En Creuse également, le confinement se fait sentir, la plupart des 80 entreprises de taxis ont perdu un fort pourcentage de leur chiffre d'affaires. Fabrice Benoîton déplore aussi la perte d'un lien social :

Vous savez, j'amène des patients chez l'orthophoniste, des personnes qui ont une sclérose en plaques chez le kiné. Ce sont des gens que nous connaissons, avec qui nous discutons. On le voit, le manque de soins commence à se faire sentir. (Fabrice Benoîton, président du syndicat des artisans taxis de Creuse)



 

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