La Chartreuse du Glandier de Beyssac vendue à un investisseur bordelais, le département de la Corrèze mécontent

La Chartreuse du Glandier à Beyssac, vaste monastère désaffecté, ancien centre psychiatrique, est vendue par son propriétaire, la ville de Paris, à un investisseur bordelais. Une vente qui agace le département de la Corrèze. 

C’est un lieu au nord-ouest de la Corrèze qui a a connu mille vies ! La chartreuse du Glandier, bâtie par les moines au XIIIe siècle, détruite trois fois puis reconstruite trois fois a été tour à tour un hôpital militaire, un sanatorium, un centre de colonies de vacances et dernièrement un centre d’accueil pour adultes handicapés mentaux jusqu’au début de l’année 2020.

Propriété de la ville de Paris depuis un siècle,  mise aux enchères en octobre dernier, le journal Le Monde a révélé mardi 2 mars que le site a été vendu pour trois millions d’euros à un investisseur bordelais nommé Descas. Ce dernier est aux mains de la famille Merlaut, "une des grandes fortunes du négoce bordelais", et qui "développe depuis vingt ans une activité d’investissement immobilier".

Déception de la Corrèze

L’information a été confirmée ce mercredi 4 mars par le département de la Corrèze, associé à l’opération de vente.

Et elle n’a pas manqué d’agacer le président de la collectivité, Pascal Coste (LR) qui trouve la vente trop "précipitée".

Nous avions eu une concertation avec le premier adjoint de Paris, M.Grégoire pour des clauses suspensives mais il n’a pas tenu parole.

Pascal Coste, président du département de la Corrèze.

Nous souhaitions que le groupe Descas propose d’abord un projet précis, obtienne les autorisations d’urbanisme et de permis avant d’accéder à la vente. On est déçu que la mairie le fasse dans ces conditions. (…) La mairie a un droit moral vis-à-vis des Corréziens. On a accueilli les tuberculeux, les enfants handicapés et aujourd’hui la mairie ne reconnait pas le travail qui a été fait. Elle va à l’appât du gain plutôt que bâtir un projet de continuité de cette Chartreuse " ajoute Pascal Coste. 

Selon Le Monde, l’ancien monastère ne correspond plus aux besoins de la ville de Paris qui souhaite vendre d’autres biens. 

Logements, jardins et espaces coopératifs

Après une vaste rénovation, le futur acquéreur prévoit d’aménager des logements mais aussi des espaces de coworking, une bibliothèque, des ateliers artistiques, des jardins partagés, ou encore des "espaces coopératifs de commerce alimentés en circuit court".

Il faudra encore attendre le 9 mars 2021 et une réunion publique du conseil de la Ville de Paris pour valider définitivement le choix de l’acquéreur.

 

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