Trop chères les compotes : 16,8 millions d'euros d'amendes pour Andros et Valade, des entreprises implantées en Corrèze

© Andros fait partie des 6 fabricants de compotes sanctionnés par l'Autorité de la concurrence pour entente illicite, la société devra régler 14 millions d'euros.
© Andros fait partie des 6 fabricants de compotes sanctionnés par l'Autorité de la concurrence pour entente illicite, la société devra régler 14 millions d'euros.

L'autorité de la concurrence vient de sanctionner lourdement 6 fabricants de compote, montant de l'amende : 58,3 millions d'euros pour entente illicite. Parmi les entreprises concernées, deux ont des usines en Corrèze, Andros et Valade. Aucune n'a souhaité s'exprimer pour le moment. 

Par Christophe Bodin

Une amende de 58,3 millions d'euros est tombée, mercredi 18 décembre 2018, pour les producteurs de compote. L'Autorité de la concurrence a sanctionné plusieurs fabricants pour entente sur les prix et répartition de marché. Ce cartel a agi, indique le document de l'Autorité de la concurrence, entre octobre 2010 et janvier 2014, au niveau national, pour se mettre secrètement d'accord sur les tarifs et les augmentations lors des appels d'offres.

Parmi ces sociétés, 2 sont bien connues dans la région, avec des usines implantées en Corrèze, Andros et Valade. Elles ont été sanctionnées financièrement et devront régler respectivement 14 millions et 2,8 millions d'euros. Aucune des 2 sociétés n'a voulu répondre à nos sollications ni apporter de commentaire ce jeudi 19 décembre 2019.

Les tractations opaques, des infractions graves au droit de la concurrence, ont porté sur les compotes vendues sous des marques de distributeur (MDD) et sur les produits vendus dans les services de restauration (RHF, restauration hors foyer). L'autorité de la concurrence précise que "les entreprises sanctionnées représentaient, tout au long de la période infractionnelle, la quasi-totalité du marché des compotes vendues sous marque de distributeur (90%) et en restauration hors foyer (100%)."

6 sociétés ont été sanctionnées : Materne, Andros, Conserves France, Délis/Vergers de Châteaubourg, Charles Faraud/Charles&Alice, ainsi que Valade. Une aute entreprise, Coroos, qui a également participé à l’infraction, a dénoncé l’entente dans le cadre de la procédure de clémence et a été exonérée d'amende.

Se mettre d’accord sur un discours commun justifiant ces hausses de prix

L'autorité de la concurrence indique que les entreprises concernées ont "multiplié les contacts multilatéraux et bilatéraux lors de réunions, de rencontres, d’échanges de courriels ou d’appels téléphoniques. Le fonctionnement de l’entente était secret et relativement sophistiqué : certains protagonistes utilisaient des téléphones portables dédiés, dont l’usage était spécialement réservé à la mise en œuvre de l’entente, ou échangeaient par l’intermédiaire de boîtes de courriels privées"  L'objectif détaille toujours l'autorité de la concurrence était "d’augmenter les prix de vente des compotes auprès des clients MDD et RHF et de coordonner le montant des hausses de prix ; de se mettre d’accord sur un discours commun justifiant ces hausses de prix ; de se répartir les volumes et les clients". 

 
  • 415 millions d'euros de sanctions pour les 4 émetteurs historique de titres-restaurants
Dans un autre registre, l'Autorité de la concurrence a également sanctionnés les 4 émetteurs historiques de titres-restaurants, une amende considérable : 415 millions d'euros ! Un montant astronomique, à la mesure des chiffres d'affaires des entreprises concernées. L'autorité de la concurrence considère que les entreprises fautives se sont entendus pour restreindre la concurrence entre-elles et pour empêcher l'émergence de nouveaux acteurs sur ce secteur

Ainsi l'entreprise Edenred France/Edenred SA qui édite les Tickets Restaurants est sanctionnée à hauteur de 157 millions d'euros,  Sodexo Pass France/Sodexo SA qui édite les Pass Restaurant devra régler 126 millions,  Natixis Intertitres/Natixis pour les Chèques de table et Apetiz  est frappée à hauteur de 83 millions 
et la société Up devra s'acquitter de 45 millions d'euros. Une autre société, la CRT (Centrale de Règlement des Titres) qui traite et rembourse les titres-restaurants devra régler 3 millions d'euros.
 

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