Bicentenaire de la mort de Napoléon : un Corrézien dans son testament

Mort à Sainte-Hélène, le 5 mai 1821, Napoléon lègue une somme d'argent à un Corrézien. Mais qui était le général Marcellin Marbot, né à Altillac, en 1782 ?

Marcellin Marbot est devenu général d'empire à Waterloo, en Belgique
Marcellin Marbot est devenu général d'empire à Waterloo, en Belgique © Pixabay/Ben Kerckx

Depuis le mois d'octobre 2014, les visiteurs et les habitants de Beaulieu-sur-Dordogne, dans le sud de la Corrèze, ne peuvent plus passer sur la place Marbot sans remarquer la statue du Baron de l'Empire. 

Longtemps reléguée près des toilettes publiques, elle a retrouvé son emplacement central, à la vue de tous, et à la curiosité de certains. 

Car qui était Jean-Baptiste Antoine Marcelin Marbot, nommé Marcellin Marbot, pour mériter un tel honneur ? 

"Au général baron de Marbot, grand officier de la légion d'honneur,1782-1854"
"Au général baron de Marbot, grand officier de la légion d'honneur,1782-1854" © LaCorrèze.com

 

Un Corrézien

Marcellin Marbot naît à Altillac, face à Beaulieu, de l'autre côté de la Dordogne, le 18 août 1782, dans une famille de militaires. Son père, Jean-Antoine Marbot est général.

Engagé dans le 1er régiment de hussards, commandé par son père, en 1797, il est nommé maréchal des logis par le général Seras. Puis sous-lieutenant, il participe à la bataille de Marengo en 1800, commandée par le général Bonparte, alors 1er consul. Son père meurt durant le siège de Gênes.

Fidèle à l'empereur

Pendant le Premier Empire, il prend part à la bataille d'Allemagne, en 1805, à celle d'Austerlitz, d'Eylau, aux campagnes d'Espagne, de Russie... Après de nombreux faits d'armes, en 1813, il est fait Baron d'Empire. Un an plus tard, c'est l'exil de Napoléon sur l'île d'Elbe. 

L'île d'Elbe
L'île d'Elbe © Pixabay/Rhodan59

Mais Marbot lui reste fidèle, et s'engage à ses côtés durant les Cent-Jours, cette période qui marque le retour de l'empereur, avant la défaite de Waterloo, bataille avant laquelle le Corrézien est nommé général.

Pour avoir suivi Napoléon, il fait partie des bannis du 24 juillet 1815. Il reste près de trois ans en exil en Allemagne avant d'être rappelé en France, où il poursuit sa carrière militaire jusqu'en 1848. 

Sur sa statue il est indiqué "13 batailles, 13 blessures".

© Pixabay.Rene Rauschenberger

Sur le testament de Napoléon

En exil en Allemagne, Marcellin Marbot écrit deux ouvrages qui seront publiés à son retour en France. L'un d'eux parvient à Napoléon, à Sainte-Hélène. Il vaudra au Corrézien d'être inscrit sur le testament de l'empereur qui meurt le 5 mai 1821 :

"(je lègue), au colonel Marbot, 100.000 francs ; je l'engage à continuer à écrire pour la défense de la gloire des armées françaises et à en confondre les calomniateurs et les apostats." 

 

Le général Couloumy

Un autre Corrézien s'est distingué dans les guerres napoléoniennes : le général Couloumy. Né à Saint-Pantaléon-de-Larche en 1770, Annet Antoine Couloumy gravit tous les échelons de l'armée. Entré comme simple soldat, il se distingue dans de nombreuses batailles. Il est promu général de brigade en 1813 et meurt quelques mois plus tard des suites d'une blessures à la bataille de Leipzig. 

 

Le tribut des anonymes

Dans son livre "Limousin, voici tes fils, 1791-1815", paru en 1971, Jules Tintou évoque le rassemblement des anciens soldats de la Révolution et de l'Empire, place des Arênes à Limoges, réunis pour une dernière revue, après des années passées loin de leur pays et de leur famille.

L'auteur cite les généraux : "voici Jean-Baptiste Dalesme, depuis peu revenu de l'île d'Elbe ; Martial Bardet, baron de Maison-Rouge ; Raymond Duval et Léonard Cacatte, que leurs camarades du 2ème bataillon avaient élus officiers. François Dupuy, devenu le chevalier Dupuy de Saint-Florent, parti comme caporal, vient bientôt les rejoindre soutenu par son ordonnance, ses nombreuses blessures ne lui permettant pas de monter à cheval."

Les troupes d'anonymes sont présentes aussi. Ou plutôt ce qu'il en reste. "Combien sont-ils ces rescapés de Fleurus, d'Austerlitz, d'Eylau, d'Espagne ou de la Bérézina, sur les 1200 qui se trouvaient réunis ici même, il y a, il est vrai, bien longtemps ? Une centaine, guère plus ; aussi, entre chaque soldat présent, que de places vides marquent celles des disparus !"

 

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